Obésité : quand notre cerveau ne répond plus !

Conférence grand public par J.-L. Nahon à l’occasion du 27e congrès d’endocrinologie comparée

  1. L'excès alimentaire désoriente nos systèmes de régulation
  2. Que faire pour enrayer la pandémie d'obésité ?
  3. À propos de Jean-Louis Nahon

Lors de sa conférence, Jean-Louis Nahon, directeur de recherche au CNRS (Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire - Université de Nice Sophia-Antipolis), dressera un état des connaissances sur l’obésité dans le domaine des sciences du vivant, ainsi qu’un bilan des thérapies testées. Il proposera des pistes à considérer pour maintenir son poids sans mettre sa vie en danger… et sans que notre cerveau s’y oppose !

L'excès alimentaire désoriente nos systèmes de régulation

Réguler son alimentation, maintenir sa balance énergétique en équilibre, est essentiel à la survie de tout individu. Au fil de l’Évolution, des systèmes de contrôle sophistiqués sont apparus. Grâce à eux, l’individu peut estimer ses besoins en énergie et agir pour y répondre de manière appropriée. Ces systèmes déclenchent la faim quand l’organisme doit s'alimenter, puis la satiété dès que les besoins sont satisfaits.

Chez les mammifères, dont l’être humain, ces boucles de régulation font intervenir diverses substances circulant dans le sang (sucres, acides gras, insuline…) ou stockés par les organes (foie, pancréas, tissus adipeux, estomac). Dans le cerveau, ces substances régulent la libération et la circulation de molécules messagères entre les neurones (neurotransmetteurs et neuropeptides).

Ces systèmes de régulation sont très efficaces, puisqu’ils permettent depuis des millions d'années aux espèces animales, dont la nôtre, de survivre dans un environnement où la nourriture est rare. En revanche, ils sont mal adaptés à une situation d’excès alimentaire.

Au cours des vingt dernières années, l’alimentation et les modes de vie ont profondément changé dans les pays riches. Incapables de résister à la surabondance et à l’accès facilité aux aliments, nous sommes confrontés à une forte vague d’obésité et de maladies associées (diabète, troubles cardio-vasculaires… ). Paradoxalement, le phénomène touche aussi les pays en voie de développement. En parallèle, les troubles du comportement alimentaire augmentent, en particulier l’impulsivité alimentaire ou l’anorexie mentale.

Que faire pour enrayer la pandémie d'obésité ?

Le changement de nos habitudes de vie influe non seulement sur notre état de santé, mais aussi sur notre ADN donc potentiellement sur nos descendants, comme des résultats récents semblent le montrer. Il est par ailleurs indispensable, pour faire progresser le traitement de l’obésité et des maladies associées, de renforcer les travaux en recherche fondamentale et médicale. En particulier, il faut progresser dans la connaissance des systèmes de régulation. Si l’on sait jouer de tous ces leviers ensemble, il devient possible d’enrayer la pandémie d’obésité à laquelle nous assistons.

À propos de Jean-Louis Nahon

Jean-Louis Nahon est directeur de recherche au CNRS à l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de l'Université Nice-Sophia Antipolis. Il est également directeur de la Station de primatologie de Rousset (CNRS) depuis 2012. Il a présidé la Société de neuroendocrinologie de 2009 à 2012 et a exercé de nombreuses responsabilité dans divers conseils scientifiques et instances d'évaluation nationales et internationales. Son équipe développe deux programmes de recherche :

  • caractérisation des gènes spécifiques des primates, fonctions cérébrales et neuropathologies ;
  • effets de l'inflammation aiguë ou chronique sur les réseaux neuronaux contrôlant la prise alimentaire.

Les travaux de J.-L. Nahon ont été financés par : le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche - l'Institut national des sciences biologiques du CNRS - la Fondation pour la recherche médicale - l'Institut de recherche Servier - la Société française de nutrition - la Société francophone de nutrition clinique et métabolisme - l'Institut Danone - la Fondation Nestlé.