La jeunesse, l'Europe et le Brexit

Cours public gratuit dans le cadre du cycle de conférences intitulé "Les Rendez-vous d'Europe" qui porte cette année sur "Quel projet européen à l'heure du Brexit ?" Cette conférence, ouverte aux personnes sourdes et malentendantes, fera l’objet d’une interprétation en langue des signes française

Affiche des Rendez-vous d'Europe 2017

8ème conférence des Rendez-vous d'Europe 2017

par Philippe Herzog, Président fondateur de Confrontations Europe (Think Tank), ancien Député européen, ancien Professeur des Universités.

Présentation de la conférence :

"L’Europe est un choix, une promesse et un projet. On ne naît pas européen, on le devient. L’Europe est une affaire de génération. Choisir l’Europe est une question de conscience. L’histoire passée est beaucoup trop méconnue. La création de la communauté après-guerre a été un sursaut de civilisation. Il a reposé sur une promesse de paix et de prospérité dont les résultats doivent être évalués soixante ans après et qui selon moi sont considérables. Mais face à des mutations extraordinaires cette promesse doit être renouvelée. L’ordre mondial actuel est lourd de conflits mais aussi d’opportunités à condition qu’on apprenne à vivre ensemble et que l’Europe repense ses alliances. La prospérité paraît menacée et la peur de la désintégration de notre modèle social est grande et nourrit les replis nationaux. Les États n’ont pas voulu développer une Europe sociale mais néanmoins l’Union ne l’a pas négligée. Mais l’on ne peut pas garantir un niveau de prospérité élevé sans consolider notre économie. Le travail est créateur de richesses mais la cité de la consommation a pris le pas sur la cité du travail. Et les inégalités qui se creusent ne peuvent être combattues sans l’invention de solidarités nouvelles, ce qui implique une transformation du capitalisme mondialisé. Restaurer les biens publics et réapprendre à investir nécessite de rendre les choix nationaux beaucoup plus coopératifs. Actuellement le rapport des citoyens à l’Union se dégrade, mais ceci traduit souvent un état de crise nationale et non pas simplement un retrait de l’Union. A cet égard les positions des différents peuples sont foncièrement ambivalentes. Les dirigeants politiques cherchent à retrouver l’intérêt et l’adhésion des citoyens et l’Union fait des propositions pour un renouvellement du modèle conçu dans l’après-guerre. Mais il semble bien que nous devons envisager une refondation beaucoup plus profonde sur la base de la participation des citoyens à nos choix collectifs. Qu’il s’agisse de sécurité, d’environnement, d’industrie ou d’éducation nous allons devoir bâtir des solidarités autour de valeurs et d’objectifs communs. Dans cette perspective, ouvrir la conscience des citoyens nationaux et faire richesse de la diversité pour mieux bâtir l’unité est nécessaire. Manifestement, nous allons devoir imaginer une Union politique différenciée, dépasser la méthode Monnet et doter l’Union de certains attributs de puissance publique. La question d’une démocratie transnationale se pose pour y parvenir avec inévitablement des interrogations sur la légitimité et l’efficacité. Régénérer le triangle institutionnel, l’intérêt des élections européennes, et permettre la participation des gens à l’Europe dans leur vie quotidienne m’apparaissent comme des nécessités. Je développerai ces réflexions dans l’esprit d’un dialogue intergénérationnel, ce qui me conduira à demander aux jeunes : faut-il quitter l’Union ou la rénover ? Une prise de conscience de notre européanité n’est-elle pas nécessaire et ne doit-elle pas conduire à de nouveaux engagements ? A vous de le dire."