Occurrence des résidus de médicaments vétérinaires dans les eaux bretonnes

Une contamination fréquente du milieu aquatique breton par les RMV : c'est ce que montre une étude, réalisée sur 3 ans, dans le cadre du projet de recherche "Expo-Veto" labellisé par le Plan régional santé environnement de Bretagne. Les concentrations sont significativement moindres dans les eaux traitées. Néanmoins, les recherches doivent être poursuivies pour quantifier les risques sanitaires associés. Publication sur le site du PRSE (16 janvier 2020) et dans la revue STOTEN (mai 2019).

L'Odet en amont de Quimper (2011) - Photo Ackles29 via Wikimedia Commons
  1. Périmètre de l'étude
  2. Résultats
  3. La publication
  4. Référence

Périmètre de l'étude

40 molécules de résidus vétérinaires (RMV) ont été recherchées en entrée et sortie de 23 usines de potabilisation. Sur les 25 captages retenus, répartis sur les 4 départements bretons et dédiés à la production d’eau potable, 23 puisent des eaux superficielles, 2 des eaux souterraines.

Le choix des sites s’est fait sur deux critères : la pression d’élevage au niveau du canton et le débit de pompage journalier sur la ressource pour la production d’eau potable.

Plusieurs techniques ont tenté de distinguer l’origine des contaminations (animale ou humaine pour certaines molécules à double usage).

Ainsi, 199 échantillons ont été recueillis au total, en plusieurs phases de mars 2017 à juin 2018, afin de refléter les variations des prescriptions vétérinaires, les périodes d’épandage et le régime hydrique (étiage ou crues).

Résultats

Cette première étude a relevé sur 25 captages d’eaux naturelles la présence de 18 molécules différentes, résidus de médicaments vétérinaires (RMV), ainsi que 12 RMV dans les eaux potabilisées distribuées en sortie des 23 usines de traitement exploitant ces captages.

Ces résultats montrent une contamination fréquente du milieu aquatique breton par les RMV. Les concentrations sont significativement moindres dans les eaux traitées. Néanmoins, les recherches doivent être poursuivies pour quantifier les risques sanitaires associés.

Le rapport complet de l'étude est consultable sur le site du PRSE.

La publication

Cette étude a fait suite aux travaux engagés par le groupe études-recherches du 2e Plan régional santé environnement de Bretagne (PRSE2).

Menée dans le cadre du projet de recherche « Expo-Véto » labellisé par le PRSE, cette étude s’insère également dans le plan antibiotiques et dans le plan national micro-polluants .

Elle a été conduite avec le soutien de l’Agence Française de la Biodiversité, de l’ARS et de la DREAL de Bretagne, par des scientifiques de l’Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique (via sa plateforme LERES), de l’Inserm, du CNRS, de l’Université de Rennes 1, d’Agrocampus Ouest et de l’Inrae, membres des unités mixtes de recherche : Irset ; Géosciences Rennes/OSUR ; SAS

Référence

Veterinary pharmaceutical residues in water resources and tap water in an intensive husbandry area in France
Charuaud, Lise & Jardé, Emilie & Jaffrezic, Anne & Liotaud, Marine & Goyat, Quentin & Mercier, Fabien & Le Bot, Barbara
Science of The Total Environment 664 · May 2019 | doi: 10.1016/j.scitotenv.2019.01.303