L’Université de Rennes 1 candidate au plan de rénovation énergétique du patrimoine universitaire avec un projet à 83M€

Dans le cadre du plan « France Relance », l’État a lancé un programme massif d’investissement visant à soutenir le secteur de la construction et la rénovation thermique du patrimoine de l’enseignement supérieur. L’Université de Rennes 1 se porte candidate pour déployer le plan gouvernemental sur ses campus rennais au travers une réponse ambitieuse, modélisante et innovante. Objectifs : diminuer la facture énergétique, améliorer le confort des usagers et des agents et réduire l'empreinte environnementale de l’établissement. Il s’agit de la 1re pierre du projet « Rennes 1 Campus 2030 » qui vise la rénovation de l’ensemble de son patrimoine immobilier d’ici 15 ans.

Façades de bâtiments sur les campus Beaulieu, Centre et Villejean : modénatures courantes
  1. Un projet pilote modélisant : vers la massification de la rénovation énergétique
  2. Une candidature innovante : des campus démonstrateurs pour développer les filières vertes et la construction durable à Rennes et en Bretagne
  3. Une démarche participative : experts et usagers mettent en commun leurs compétences
  4. Un programme co-construit avec l'ensemble des usagers des bâtiments

Un projet pilote modélisant : vers la massification de la rénovation énergétique

D’un montant global de 83 M€, la réponse de l'Université de Rennes 1 à l’appel à projet s’articule autour d’un pilote de rénovation de 18 bâtiments. Les bâtiments ciblés sont issus de la trame historique, conçus à la fin des années 1960 par l'architecte Louis Arretche, répartis sur les trois campus rennais : Beaulieu, Centre et Villejean. Ce pilote représente environ 78 500 m² de surface de plancher pour près de 80 000 m² de surface de façades. 

L’objectif de ce pilote est de démontrer la capacité de l’établissement à engager la réhabilitation globale de son patrimoine, au travers d’un volume d’opérations suffisant pour développer et valider des processus industriels susceptibles d’être répliqués.
Première séquence opérationnelle de son schéma pluriannuel de stratégie immobilière 2020-2025, le projet présenté s’attache à la restauration des qualités thermiques par la rénovation des façades
Il s’inspire des travaux conduit au sein du groupe de travail piloté par la Conférence des Présidents d’Université, le Programme d’Efficacité Energétique des Campus (PEEC 2030), qui a ainsi posé les bases de la massification de la rénovation énergétique du patrimoine universitaire. 

La candidature de l’université intègre également des interventions de maintien (rénovation de menuiseries, étanchéité, isolation...) et l'achèvement de la réhabilitation de l'IUT de Lannion (2nde tranche des travaux de rénovation thermique) avec à la clef un gain énergétique de 34 % (près de 7,7 M kWhef).

Rennes 1 Campus 2030 : vers des campus post-carbone
Le projet déposé dans le cadre du plan de relance constitue la 1re étape d’une rénovation énergétique et fonctionnelle des campus. L'Université de Rennes 1 développe en effet depuis 2019 un plan global de modernisation et de transition environnementale, urbaine et sociale de ses campus : "Rennes 1 Campus 2030". Ce programme repose sur 3 piliers : 
- un projet sur 15 ans
- un budget estimé à 450 millions d’euros
- 100% du patrimoine rénové en pleine propriété*

« Au-delà de cette 1re levée de fonds pour la rénovation de ses campus, la candidature de l’Université de Rennes 1 propose une voie pour s’engager résolument dans la transition environnementale et sociale qu’appellent les défis du changement climatique et de la pandémie. » 
David Alis, président de l’Université de Rennes 1.

Une candidature innovante : des campus démonstrateurs pour développer les filières vertes et la construction durable à Rennes et en Bretagne

L’un des axes majeurs du plan de relance de l’Etat consiste à relancer l’activité économique autour de la rénovation énergétique du patrimoine public. Pour que cette relance soit pérenne, cela suppose que de nouvelles compétences, de nouvelles filières de production se développent sur les territoires qui doivent ailleurs assurer la reconversion des activités industrielles passées en les réorientant vers celles de la transition environnementale

La candidature de l’Université de Rennes 1 s’inscrit dans cette perspective et propose des innovations méthodologiques pour s’engager dans la massification de la rénovation énergétique. Ainsi, le pilote de rénovation qu’elle propose permettra d’installer sur le territoire des compétences et des filières nouvelles dans les domaines de la construction durable et de la rénovation énergétique.

Dans cette perspective, l’incubateur d’innovation pédagogique du Campus des métiers et des qualifications (CMQ) Bâtiment Durable Bretagne, jouera tout son rôle. Récemment lauréat du Programme d’investissements d’avenir dans le cadre de l’action « Territoires d’innovation pédagogique », le projet porté par l’Université de Rennes 1 cible en effet quatre domaines : éco-matériaux et modes constructifs innovants ; numérique et BIM (Building information modeling) ; rénovation énergétique et usages ; technologies émergentes. L’université, avec ses partenaires, participera ainsi, au sein du CMQ, à concrétiser une offre de formation en réponse aux besoins des entreprises engagées dans ces chantiers et à coconstruire les compétences nécessaires pour réussir, ensemble, les transitions.

Véritables quartiers dans la ville, les campus offrent un terrain d’expérimentation aux transformations à venir vers la Smart City. Le campus de Beaulieu a ainsi accueilli la 1renavette autonome de Rennes Métropole durant deux ans, il a permis à la startup MyCarLot d’éprouver sa solution de parking intelligent et sert depuis un an de démonstrateur à Kemiwatt et son modèle de batterie organique pour le stockage et l’alimentation en énergie renouvelable.

La réponse de l’Université de Rennes 1 à l’appel à projets France Relance constitue une opportunité unique pour dynamiser la reprise de l’activité et de l’emploi sur le territoire métropolitain, en mobilisant l’écosystème que Rennes métropole accompagne et soutient pour favoriser le développement des filières vertes et de la construction durable. Ce programme favorisera, par le passage à l’échelle, la montée en compétences de ces professionnels de la rénovation thermique du bâtiment, dans la continuité du programme de rénovation EcoTravo et en complémentarité avec le projet de Pôle d’Excellence industrielle que nous portons dans le cadre de la réindustrialisation du site de la Janais.

Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole
  
 

Une démarche participative : experts et usagers mettent en commun leurs compétences

Le succès de la procédure de sourcing mise en œuvre par l’université illustre la capacité du projet à mobiliser les compétences des acteurs locaux. Le sourcing permet de réaliser la collecte d’informations avant le lancement de la consultation d’un marché public. Il permet de recueillir et préciser les besoins avant de rédiger le cahier des charges.

Pour le projet pilote, cela se traduit par deux démarches menées parallèlement en octobre et novembre :

  • auprès d’entreprises au travers une réunion d’information, de visites et de rencontres qui permettent d’identifier les acteurs, d’évaluer leurs capacités opérationnelles et de valider les périmètre technique et économique du projet
  • auprès des usagers et partenaires institutionnels au travers 4 ateliers participatifs qui permettront de définir au mieux le programme technique du projet, en incluant l’ensemble des paramètres : urbains, architecturaux, techniques et sociologiques.

Cette démarche participative, sous la forme de “chantier-école”, mobilise également depuis plusieurs années, toutes les expertises, et notamment celles des étudiants : les workshop de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de Rennes qui interrogent régulièrement les liens entre ville et universités et la transition énergétique des campus ; les étudiants rennais en architecture de l’ENSAB qui ont imaginé des pistes pour la rénovation du campus de Beaulieu ; Team Solar Bretagne qui fédère des établissements de l’enseignement supérieur bretons autour de projets de construction durables.

Le projet s'inscrit dans une dynamique à l'œuvre depuis plusieurs années au sein de l'établissement, à l'image du dispositif Intracting, un fonds de près de 3M€ mis en place il y a quatre ans avec la Caisse des Dépôts pour améliorer l’efficacité énergétique du patrimoine immobilier universitaire, ou de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires publics et privés signée en 2016 par l'université (Plan Bâtiment durable). Cette transformation et la priorité donnée à la transition énergétique et écologique se sont traduites par la labellisation Développement durable et Responsabilité sociétale de l’université en 2018.

Un programme co-construit avec l'ensemble des usagers des bâtiments

Usagers, experts, partenaires, étudiants, enseignants, chercheurs, personnels administratifs... Entre 20 et 30 personnes sont réunies à chaque rendez-vous.
Le 1er atelier  « Quel campus pour demain ? » a eu lieu le jeudi 15 octobre. A l’heure de la transition écologique et numérique, de l’évolution des manières de travailler et d’apprendre, les participants ont imaginé collectivement le campus de demain.
 
Les ateliers durent une journée et sont accueillis à la Maison du projet sur le campus de Beaulieu (bâtiment 33). Inscription réservée à la communauté universitaire.

- Jeudi 15/10 : « Quel campus pour demain ? »
A l’heure de la transition écologique et numérique, de l’évolution des manières de travailler et d’apprendre, imaginons ensemble le campus de demain.
- Jeudi 22/10 :  « Nouveaux espaces, nouveaux usages »
Comment la rénovation doit participer à la qualité de vie au travail en prenant en compte les besoins et en anticipant les nouveaux usages
- Jeudi 29/10 : « Transition énergétique : vers des bâtiments basse consommation »
Comment répondre aux objectifs de performance énergétique des bâtiments selon le facteur 4 (diminution par 4 des consommations énergétiques).
- Jeudi 05/11 : « Réinventer l’architecture de nos campus »
Valoriser le patrimoine, ouvrir l’université sur la ville, imaginer les nouveaux processus de fabrication