Les régions polaires et alpines face au réchauffement climatique et aux espèces invasives

À l'échelle du globe, ces écosystèmes "sentinelles" sont touchés de manière disproportionnée par le changement climatique. Celui-ci favorise notamment leur colonisation par des espèces invasives. Un consortium scientifique coordonné à Rennes va intensifier l'étude de ces milieux en évolution rapide. Objectifs : mieux comprendre les réactions des populations animales et végétales face à ces perturbations d'origine humaine, et proposer des stratégies pour atténuer leur impact.

ASICS

L'étendue et les impacts des changements d'aires de répartition des espèces liés au climat, mais aussi des invasions biologiques, ont été bien davantage étudiés dans les régions tempérées que dans les écosystèmes froids, en raison de leur difficulté d'accès. Pourtant, le rythme des changements observés exige une compréhension et une action rapides.

C'est ici qu'intervient le projet international interdisciplinaire ASICS, financé par le réseau européen Biodiversa (Horizon 2020 ERA-NET) et porté par David Renault, un professeur à l'Université de Rennes 1 membre junior de l'Institut universitaire de France, qui conduit ses recherches au sein du laboratoire ECOBIO (constituant de l'OSUR).

Avec ses collègues, David Renault travaillera sur des séries chronologiques à long terme qui amélioreront considérablement l’évaluation de la véritable dynamique de l'aire de répartition des espèces. À cette fin, ils ont rassemblé une série chronologique unique d'abondances de plantes et d'invertébrés natifs et non-natifs provenant d'environnements froids, recueillies sur plusieurs années et localités (îles subantarctiques, péninsule Antarctique, régions arctiques et régions montagneuses). Ils ambitionnent de mettre en œuvre un cadre complet d'étude et fourniront des lignes directrices pour :

  • améliorer la compréhension des facteurs régissant la distribution des plantes et des invertébrés dans des conditions climatiques changeantes
  • améliorer les prévisions de la distribution future de la biodiversité

Leur espoir est de pouvoir identifier et proposer des stratégies de gestion visant à préserver la biodiversité dans ces régions remarquables.
 

Les résultats de ce projet alimenteront des rapports et des évaluations des risques environnementaux pertinents à l'intention des cercles de décision politique, où plusieurs des participants au consortium sont déjà impliqués. Ceci facilitera les échanges et la diffusion des résultats du projet ASICS, pour leur mise en œuvre optimisée à des fins de conservation et de gestion.

[Lire la présentation complète du projet ASICS sur le site de l'OSUR]