Karin Tarte reçoit le prix R. Rosen de la Fondation pour la recherche médicale

Professeur à l'Université de Rennes 1 spécialisée en immunologie, Karin Tarte dirige l'unité de recherche MICMAC (Inserm/UR1/EFS) qui étudie les mécanismes moléculaires à l’origine des lymphomes B et travaille au développement de thérapies innovantes.

Lauréats des prix de la FRM 2018. K. Tarte est au centre. Photo : Maxime Huriez

Les lymphomes sont des cancers des cellules du système lymphatique. En France, ils se placent au 6e rang des cancers en termes d’incidence, mais aussi de mortalité.
 
Karin Tarte étudie les lymphomes B qui se développent à partir des cellules produisant les anticorps, les lymphocytes B et se penche en particulier sur le plus fréquent des lymphomes indolents (à évolution lente), le lymphome folliculaire. Il est actuellement incurable, seule une rémission peut être obtenue ; en outre, dans un tiers des cas il se transforme en lymphome agressif de mauvais pronostic.

Avec son équipe, la chercheuse a montré que la niche tumorale, c’est-à-dire l’environnement direct de la tumeur, joue un rôle central dans la survie et la croissance tumorales, mais aussi dans la réponse et la résistance aux traitements anticancéreux. Elle a ainsi identifié différents types de cellules qui contribuent directement au développement tumoral.

Récemment, l’équipe a mis en évidence un lien direct entre certaines anomalies génétiques détectées dans la tumeur et la mise en place d’une niche tumorale spécifique, favorable à ce développement. Basée sur ces avancées, l’équipe du Pr Tarte a conçu une immunothérapie innovante prometteuse, qui a fait la preuve de son efficacité chez l’animal.
 
En parallèle, dans une collaboration entre l’Inserm, l’Établissement Français du Sang et le CHU de Rennes, le Pr Tarte exploite ces avancées dans une approche translationnelle qui vise à améliorer la prise en charge des malades. Pour cela, le laboratoire qu’elle a mis en place, le SITI (Suivi Immunologique des Thérapeutiques Innovantes), permet de suivre au plan biologique les patients inclus dans des essais cliniques innovants. Autant de pistes qui, elle l’espère, aboutiront à de nouvelles stratégies thérapeutiques dans les lymphomes B.
 

[Texte reproduit avec l'aimable autorisation de la Fondation pour la recherche médicale]