Intelligence artificielle en santé : une équipe rennaise intégrée à deux projets lauréats

L'analyse de données de santé par l'intelligence artificielle peut permettre d'améliorer la prise en charge des patients, la pertinence des soins, d'éviter les crises sanitaires, etc. À Rennes, l'équipe REPERES contribue à deux projets fondateurs du "Health Data Hub", plateforme nationale d’exploitation des données de santé. Celle-ci vise à faciliter les interactions entre producteurs des données de santé, utilisateurs et citoyens, dans des conditions élevées de sécurité.

montage d'icônes The Noun Project : ibrandify / Oleksandr Panasovskyi, UA
  1. L'équipe REPERES
  2. REPERES intégrée à deux projets nationaux portant sur l'intelligence artificielle appliquée aux données de santé
  3. Le Health Data Hub, plateforme nationale pour la contribution, l'échange et l'analyse de données de santé

L'équipe REPERES

L'équipe REPERES (Recherche en Pharmaco-épidémiologie et recours aux soins, UPRES EA-7449) est composée d'enseignants-chercheurs, de médecins, de chercheurs et d'ingénieurs rattachés à l'Université de Rennes 1, au CHUs de Rennes, de Brest et à l'EHESP. Elle travaille sur la recherche, l'expertise et la formation portant sur l’analyse de la consommation, du recours et de l’impact des soins, notamment la prescription de produits de santé (médicaments, dispositifs médicaux) à l’échelon populationnel.
 

REPERES intégrée à deux projets nationaux portant sur l'intelligence artificielle appliquée aux données de santé

Les scientifiques rennais de REPERES vont participer à la co-construction d'une plateforme nationale pour la contribution, l'échange et l'analyse de données de santé (Health Data Hub) mise en place sous l'impulsion du président Emmanuel Macron. Cette contribution se fera au travers de deux projets lauréats d'un appel national.

Deepsarc - Identifier les meilleurs schémas thérapeutiques pour le traitement du sarcome

Cancer très complexe et varié, le sarcome est une catégorie de tumeurs rares pour laquelle l’efficacité des essais cliniques arrive à ses limites. Depuis près de 40 ans, des études randomisées ont été conduites sans pouvoir trancher sur l’intérêt de la chimiothérapie pour traiter les sarcomes, et sur la pertinence de l’utiliser avant ou après la chirurgie. Porté par le professeur Jean-Yves Blay, directeur général du Centre Léon Bérard et directeur du réseau NetSarc, au côté de ses équipes et d’experts du Centre de lutte contre le cancer de Bordeaux et de l’Université de Rennes 1, le projet Deepsarc vise à étudier l’impact des différents traitements sur données de vie réelle afin de déterminer le schéma thérapeutique le plus pertinent. Il mobilisera les données cliniques de la base NETSARC, base de référence sur le sarcome quasi exhaustive en France avec plus de 50 000 patients. Ces données, enrichies par les données médico administratives (Système National des Données de Santé), permettront de suivre les patients dans le temps.

Oscour–Mobiliser les données d’urgences pour améliorer la surveillance sanitaire

Porté par Yann Le Strat, directeur de la Direction Appui, Traitements et Analyses des données de l’Agence Nationale de Santé Publique, avec le concours de la FEDORU, des équipes du registre AVCde Brest et de l’équipe REPERES de l’Université de Rennes 1, le projet soutenu propose de créer une base chaînant l’ensemble des données issues du réseau de surveillance Oscour® avec les données médico administratives du SNDS. Les données de la base Oscour®compilent les résumés de passage aux urgences depuis presque quinze ans, recensant plus de cent trente millions de passages aux urgences. Une telle cohorte permettra d’instruire quantité de questions en vue d’améliorer la surveillance sanitaire en France.Une première expérimentation sera menée sur les accidents vasculaires cérébraux, première cause de mortalité chez les femmes et troisième chez les hommes.

 

Le Health Data Hub, plateforme nationale pour la contribution, l'échange et l'analyse de données de santé

Le « Health Data Hub » a pour objectif de favoriser l’utilisation et de multiplier les possibilités d’exploitation des données de santé, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’appui au personnel de santé, du pilotage du système de santé, du suivi et de l’information des patients. Il permettra le développement de nouvelles techniques, notamment celles liées aux méthodes d’intelligence artificielle. Il aura un rôle de promotion de l’innovation dans l’utilisation des données de santé, et sera notamment associé aux instituts 3IA qui se sont positionnés dans le domaine de la santé, et plus généralement aux différentes initiatives portées par le Gouvernement dans le cadre de la stratégie intelligence artificielle nationale.

Le communiqué de presse annonçant les lauréats de l'appel à projets du Health Data Hub précisait :

Une telle plateforme, facilitant les interactions entre producteurs des données de santé, utilisateurs et citoyens, dans des conditions élevées de sécurité, est essentielle à l'émergence d'innovations dans le domaine de la recherche.
Elle est également requise pour la bonne réalisation de leurs missions par les acteurs de l'écosystème : ministères, agences et opérateurs. Il est en effet indispensable de mobiliser les données de santé pour éclairer le décideur, pour mener des missions de sécurité sanitaire et éviter des crises, ou encore pour développer une médecine de plus en plus personnalisée et accessible au plus grand nombre. Ne pas utiliser ce patrimoine collectif peut entraîner des pertes de chance pour le patient.

L'idée de cette plateforme a germé à la suite de la publication du rapport Villani sur l'intelligence artificielle (IA). Le président Emmanuel Macron a en effet indiqué que la santé serait un des secteurs prioritaires pour le développement de l’IA en France. Il a annoncé deux actions majeures : la création d’un « Health Data Hub » et l’élargissement du système national de données de santé (SNDS).

Le 16 mai 2018, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé a lancé une mission de préfiguration pour instruire ces deux actions. Dans son rapport remis le 12 octobre 2018, la mission - pilotée par trois experts dont Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale à l'Université de Rennes 1 et praticien hospitalier au CHU de Rennes - a proposé une feuille de route pour la mise en œuvre opérationnelle de cette plateforme d’exploitation des données de santé.