Eszter Dudás, doctorante et ambassadrice de la Fête de la science

Des championnats olympiques de triathlon à l'astrophysique de laboratoire, en passant par l'atelier de prototypage d'un grand constructeur automobile, le parcours européen de cette physicienne hongroise est une belle source d'inspiration. Sa dernière aventure ? Avoir participé à la vulgarisation en BD de son sujet de thèse. Retrouvez Eszter Dudás au Village des Sciences de Rennes, les samedi 5 et dimanche 6 octobre 2019.

Eszter Dudas devant son dispositif expérimental à l'Institut de physique de Rennes - Photo UR1/DirCom/JLB
  1. Un parcours unique
  2. Rencontre avec une ambassadrice de la Fête de la science
  3. La thèse d'Eszter Dudás : plein gaz sur les exoplanètes !

Un parcours unique

Eszter Dudás a mené durant huit ans une carrière de triathlète professionnelle. Elle a récolté plusieurs médailles pour la Hongrie, dont une d'or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Singapour.
 

Eszter Dudas lors d'un contre-la-montre - © DR

C'est par son vélo de course qu'elle est venue au génie mécanique puis à la physique, passionnée par l'optimisation continuelle des performances de sa machine et de son aérodynamique, une nécessité en sport de haut niveau. Après des études théoriques à l'Université Műegyetem de Budapest, elle suit des cursus Erasmus en Espagne et en France, effectuant au passage un stage dans les ateliers de prototypage d'Audi. Elle arrive à l'Institut de physique de Rennes d'abord pour un stage sur l'optimisation de la propulsion d'engins, dans le cadre du programme d'initiation à la recherche aérospatiale Perseus du CNES, avant d'y commencer sa thèse en astrophysique de laboratoire.

Rencontre avec une ambassadrice de la Fête de la science

Pour découvrir le parcours d'Eszter Dudás et ses recherches, quoi de mieux que de venir la rencontrer aux Champs Libres de Rennes, lors des journées grand public du prochain Village des Sciences, les samedi 5 et dimanche 6 octobre 2019 ?

Ces deux jours, Eszter participera à 17h à la bibliothèque des Champs Libres à une rencontre intitulée "La science est-elle soluble dans la BD ?" et présentera le livre Sciences en Bulles diffusé sur tous les lieux de la Fête de la science en France : sa thèse y est résumée en seulement 12 cases de BD.

De 14h à 16h45, vous pourrez la retrouver sur son stand (n°15, à côté du stand "Les milieux granulaires : de la plage à l'assiette").

Pour les impatients, voici son portrait vidéo officiel, tourné par L'Esprit sorcier à l'occasion de la Fête de la Science 2019 :

 

La thèse d'Eszter Dudás : plein gaz sur les exoplanètes !

12 sujets de thèse expliqués en BD - Retrouvez ce recueil sur les lieux de la Fête de la Science 2019

Eszter Dudás mène ses travaux de recherche à l'Université de Rennes 1, en tant que membre de l'Institut de Physique de Rennes.

Son objectif ? Aider les astrophysiciens à mieux connaître l'atmosphère des exoplanètes, ces astres en orbite autour d'autres étoiles que notre Soleil. De ces atmosphères extraterrestres, on ne peut aujourd'hui qu'analyser la signature lumineuse (spectre) qui nous en parvient. Celle-ci permet de dire, en théorie, quelles molécules sont présentes, et dans quelles conditions. En pratique, les exoplanètes les plus faciles à observer sont très chaudes car elles tournent très près de leur étoile, ce qui agite les molécules de leur atmosphère au point de les faire vibrer et tourner à haute fréquence. Toute cette agitation moléculaire brouille le spectre obtenu par les télescopes.
 

Vue d'artiste d'une exoplanète de type "Jupiter chaud" - © ESO

Les recherches de thèse d'Eszter Dudás consistent à produire des spectres de référence en laboratoire pour chacune des molécules intéressant les astrophysiciens, à haute température.
En comparant leurs observations avec les mesures d'Eszter, obtenues dans des conditions précises et connues (température, pression)... les astrophysiciens peuvent ajuster leurs équations et déchiffrer les spectres qui leur parviennent des exoplanètes.
 

Tuyère de Laval - Eszter Dudás présente la tuyère de Laval qui lui sert à détendre le gaz chaud et sous haute pression, de manière à créer un jet hypersonique stable à -260°C. - © UR1/DirCom/JLB

Pour obtenir ces spectres de référence dans des conditions reproduisant au mieux l'atmosphère d'une exoplanète chaude, Eszter utilise un caisson sous vide où elle établit un jet de gaz continu et stable, à vitesse hypersonique (15 fois celle du son). Elle y injecte les molécules à étudier. Lorsque celles-ci traversent un laser infrarouge disposé sur leur trajectoire, leur ombre est analysée par ordinateur pour produire les spectres recherchés. L'astuce est que les molécules, en passant du réservoir à 2 000°C au jet hypersonique à -260°C, se refroidissent brutalement, ce qui bloque quasiment leur rotation. Elles continuent à vibrer, mais leur spectre est devenu lisible.