Des insectes et des fleurs, la clé pour optimiser la production agricole ?

La biodiversité utile à l’homme dans les paysages agricoles est en danger. Une étude a été réalisée par Lucy Alford et Joan Van Baaren du laboratoire ECOBIO (Université de Rennes 1/CNRS - OSUR) dans le cadre du projet européen FAB. Elle a pour objectif de comprendre comment favoriser cette biodiversité.

Lucy Alford-Projet FAB copyright UR1/Frédéric Obé
  1. Contexte
  2. Objectif
  3. Recrutement
  4. Carte d’identité

Contexte

Les « services écosystémiques » sont des services rendus à l'homme par les écosystèmes naturels. Ils comprennent les services écosystémiques de régulation, dont la pollinisation et la régulation naturelle des insectes ravageurs des cultures. 
Ces deux services sont considérés comme les plus importants que peut rendre la biodiversité à l'agriculture dans le monde.

Cependant, l'utilisation intensive des pesticides dans les agro-systèmes, la simplification spatiale des paysages agricoles et l'augmentation de la fréquence des perturbations liée à l'intensification agricole et aux changements climatiques ont entrainé le déclin des populations d'insectes bénéfiques et des services écosystémiques associés.
Les actions qui pourraient être entreprises pour favoriser la durabilité des services écosystémiques dans le futur dépendent de la compréhension des mécanismes par lesquels ces insectes bénéfiques rendent ces services.

Parmi ces actions, l’installation de bandes fleuries autour des grandes cultures de céréales pourrait favoriser à la fois les pollinisateurs qui manquent de ressources florales dans ce contexte paysager et les insectes parasitoïdes responsables de la régulation des insectes ravageurs des cultures, qui ont eux aussi besoin de nectar floral pour augmenter leur longévité et donc leur efficacité pour réguler les insectes ravageurs.
 

Champ de fleurs à Bréal

Ces bandes fleuries peuvent être à l’origine d’une amélioration des services rendus par les pollinisateurs et par les insectes régulant les ravageurs des cultures, mais ceux-ci peuvent aussi se retrouver en compétition sur ces bandes fleuries, diminuant l’efficacité de l’un ou l’autre des services rendus.

Il est donc nécessaire de comprendre si ces insectes si nécessaires (pollinisateurs et prédateurs/parasitoïdes des insectes ravageurs des cultures) interagissent de manière synergique ou antagoniste à proximité des bandes fleuries.
 

Objectif

Le projet FAB a pour objectif de comprendre comment favoriser cette biodiversité utile à l'homme dans les paysages agricoles, afin de restaurer ces services écosystémiques et d'optimiser la productivité agricole.

Réalisé en collaboration avec l’entreprise Yves Rocher, le projet utilisera des champs de céréales et de fleurs en Bretagne. Cette végétation favorisera l’étude des modèles de distribution spatiale et temporelle des principales espèces qui fournissent des services écosystémiques.

Cela permettra de découvrir comment les services rendus par les insectes se traduisent concrètement sur des terrains agricoles.
 

Bande fleurie en hiver

 

Recrutement

Le projet permettra à la lauréate de la bourse MSCA (Marie Sklodowska Curie Action), Lucy Alford, de renforcer sa visibilité dans son domaine et de développer de futures relations de collaboration.

Un détachement de 6 mois auprès de l’entreprise Yves Rocher lui permettra de se familiariser avec les contraintes de la production et la nécessité de développer une image marketing.

Carte d’identité

Projet européen FAB – Action Marie S. Curie
Financement : Programme HORIZON 2020 de la Commission européenne
Etablissement : Université de Rennes 1
Bénéficiaire : Lucy ALFORD
Nom du responsable scientifique : Joan VAN BAAREN
Laboratoire / UMR : ECOBIO UMR CNRS 6553
Durée du projet : Du 01/09/2019 au 31/05/2022