Crise de l'énergie : l’Université de Rennes 1 se mobilise pour réduire ses consommations et limiter l'impact financier

Face à la crise de l'énergie, l’Université de Rennes 1 se mobilise pour réduire ses consommations et limiter l'impact financier causé par la hausse des coûts des fluides. S'inscrivant dans une démarche transparente et participative, la direction de l’établissement a dressé un état de la situation et lancé un plan d’actions qui sera construit et conduit avec l'ensemble des services et composantes de recherche et de formation. Objectif : viser la sobriété énergétique tout en garantissant les campagnes d’emploi, les projets d’investissement et la qualité de la recherche et de la formation.
Perspective de la future façade ouest du campus santé de Villejean

Anticipant les impacts de la flambée des coûts énergétiques sur son budget, l’équipe de direction de l’Université de Rennes 1 a tenu à informer, dès à présent, l’ensemble des personnels de la situation et des conséquences de la crise énergétique pour l’établissement.

Le webinaire organisé ce lundi 19 septembre a permis de partager l'état des lieux et les projections d’ici 2023. Les prévisions laissent entrevoir la multiplication par 3 ou 4 de la facture énergétique par rapport à 2021. En 2022, une augmentation supérieure à 2M€ est d’ores-et-déjà connue et, en 2023, selon les projections, la facture de fluides pourrait atteindre entre 13,3 et 18,5 M€.

En 2022, des conséquences limitées car bien anticipées

Labellisée DD&RS, l’Université de Rennes 1 est engagée depuis plusieurs années dans l’amélioration énergétique des bâtiments : schéma directeur énergie / eau élaboré en 2015 ; dispositif Intracting mis en place dès 2016 avec la Caisse des Dépôts pour financer des travaux de rénovation et d’amélioration du pilotage de l’énergie ; campagnes de sensibilisation aux écogestes ; plan “Rennes 1 Campus 2030” de modernisation et de transition environnementale, urbaine et sociale des campus... 
Les nombreuses mesures et actions anticipées permettent déjà de limiter les impacts de la crise énergétique : l’université avait su contenir sa facture globale en-deçà de 5,1M € sur ces six dernières années malgré davantage de mètres carrés et la hausse du coût de l’énergie.
En 2021, la facture de fluides, toutes sources confondues, s’élevaient à 4,8 M€, un mix énergétique où l’électricité représente plus de 50 % de la facture pour une consommation annuelle moyenne de 22 329 MWh. 

L’Etat ne compensera a priori ni la hausse des fluides en 2022 (ni la hausse du point d’indice qui, à l’Université de Rennes 1, équivaut à 3,6 M€ pour ce 2nd semestre). Pour autant, « grâce aux outils de pilotage mis en place et aux efforts consentis par l’ensemble de la communauté, l’établissement devrait pouvoir absorber ces hausses, avec un résultat qui sera nécessairement plus faible que les années précédentes » a tenu à rassurer Ludovic Babin-Touba, vice-président en charges des finances. 

« La situation actuelle n’est absolument pas liée au pilotage de l’établissement, mais uniquement à des facteurs exogènes liés au contexte géopolitique international (guerre en Ukraine) et européen (marché de l’énergie), a rappelé Ludovic Babin-Touba. Il ne faut ni que l’emploi en pâtisse, ni que la situation vienne pénaliser nos projets d’investissement ». 

Face à une situation critique, trois engagements forts pris devant les personnels

  1. Maintenir la campagne d’emploi et le budget alloué à l'augmentation salariale des personnels administratifs (Biatss) pour l’exercice 2023
    Reprenant à son compte les propos de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche - « Les universités ne doivent en aucun cas pénaliser leur campagne de recrutement et leurs projets d’investissements pour couvrir les surcoûts énergétiques » - l’université continuera de mener une politique volontariste en matière de ressources humaines, sans revoir à la baisse ni les ambitions de sa campagne d’emploi, ni le plan d'harmonisation et revalorisation du régime indemnitaire des personnels Biatss.
     
  2. Poursuivre les investissements engagés dans la rénovation énergétique des bâtiments
    D'importants chantiers participant à la rénovation thermique des bâtiments sont déjà programmés ou lancés : sur le campus santé de Villejean dès cet automne (France Relance), pour plusieurs bâtiments du campus de Beaulieu (CPER 2021-2027), et aussi le bâtiment principal de la faculté de droit et de science politique (appui financier de Rennes métropole et fonds propres de l’université).
    L’établissement a fait le choix d’engager, dès le budget rectificatif 2022, la majeure partie du fonds de roulement mobilisable à destination de la rénovation thermique des bâtiments pour améliorer la consommation énergétique et les conditions de travail et d’études sur ses campus. Enfin, plusieurs plans d’action mis en œuvre ou prochainement déployés visent aussi la sobriété énergétique : Bilan Carbone®, plan de mobilité employeur, axe “Sustainable & Smart University” du schéma directeur du numérique notamment.
     
  3. Ne pas impacter la qualité de la recherche et de la formation
    L’université dispose déjà d’un état des consommations par bâtiment qui lui permet d’identifier les sites les plus énergivores. En lien avec ses unités de recherche, elle a entamé un inventaire précis des équipements consommateurs d’électricité afin, d’une part, d’optimiser leur fonctionnement, et, d’autre part, d’anticiper les possibles délestages et coupures hivernales pour garantir l’alimentation des installations et expérimentations ne pouvant être stoppées.
    La direction a souhaité associer l’ensemble de la communauté et a par ailleurs lancé un large appel à idées afin que chacun puisse s’exprimer sur les actions individuelles ou collectives à déployer à l’échelle de son bureau, de son laboratoire, de son service, de son bâtiment ou de l’établissement. Cette vaste réflexion collective sur des actions de terrain thématisées permettra d’améliorer les comportements et les pratiques en s’appuyant sur l’expérience et les préconisations des usagers des bâtiments. Objectif : réduire d’au moins 10 % les consommations pour répondre aux ambitions de sobriété énergétique et d’exemplarité des administrations publiques, et si possible aller au-delà.