Comment le virus Zika persiste dans le sperme et altère les spermatozoïdes

Plus de 40 jours après la disparition des symptômes : c'est la période pendant laquelle le virus Zika, contracté via une piqûre moustique infecté, reste transmissible de l'homme à la femme via le sperme, dont il altère la fertilité. Des chercheurs et enseignants-chercheurs rennais ont encadré une étude qui explique cette persistance par la faiblesse des défenses immunitaires des cellules testiculaires : celles-ci restent durablement infectées, faisant du testicule un réservoir pour le virus, alors même que celui-ci a disparu du reste de l'organisme. La voie est ouverte pour tester sur des cultures cellulaires l'efficacité d'agents antiviraux. Publication dans Journal of Clinical Investigation (sept. 2018).

Le virus Zika - Rendu par Manuel Almagro Rivas à partir de https://doi.org/10.2210/pdb5ire/pdb - CC-BY-SA 4.0

Si l’on savait que le virus Zika se transmettait par voie sexuelle et que le virus persistait dans le sperme plusieurs mois après l’infection, l’origine de cette persistance était inconnue, de même que les raisons de la diminution du nombre de spermatozoïdes chez les hommes infectés.

Une équipe rennaise de l’Irset (Inserm/Université de Rennes 1/EHESP) dirigée par Nathalie Dejucq-Rainsford a montré, avec l'appui d'équipes de la métropole, des Antilles et du Brésil, que le virus infecte plusieurs types de cellules testiculaires, dont les cellules germinales, à l’origine des spermatozoïdes, ce qui pourrait altérer le processus de fabrication des cellules sexuelles. Par ailleurs, la faible défense immunitaire du testicule contre le virus Zika pourrait nuire à l’élimination du virus dans cet organe et ainsi contribuer à sa persistance dans le sperme. Ces travaux sont publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation.

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Référence

Zika virus infects human testicular tissue and germ cells
Giulia Matusali, Laurent Houzet, Anne-Pascale Satie, Dominique Mahé, Florence Aubry, Thérèse Couderc, Julie Frouard, Salomé Bourgeau, Karim Bensalah, Sylvain Lavoué, Guillaume Joguet, Louis Bujan, André Cabié, Gleide Avelar, Marc Lecuit, Anna Le Tortorec and Nathalie Dejucq-Rainsford
J Clin Invest. 2018. DOI:10.1172/JCI121735