Attachée principale et auteure de roman, Lydie N’guessan

Ecrivaine à ses heures perdues, Lydie N’guessan est responsable administrative à la DSI. A l'heure des soft skills, cette diplômée de l’Institut d’études politiques de Grenoble revisite ses activités administratives et littéraires. Apparemment étanches, elles lui ont pourtant apporté des complémentarités inattendues. Retour d'expérience.

Lydie N'guessan, attachée principale et auteure de roman © F. Obé - Dircom
  1. Ses fonctions à l'université
  2. Son travail d'écriture
  3. Son analyse
  4. Extraits de "La voleuse de nuits", premier roman de Lydie N'Guessan
  5. Retrouvez l'auteure

Ses fonctions à l'université

"Responsable du pôle Administration de la DSI, j’ai en charge la mise en œuvre opérationnelle des logistiques administratives et financières en lien avec les missions dévolues à la Direction du Système d’Information. Le pôle Administration de la DSI est un pôle à vocation transversale qui apporte un support au pilotage interne des ressources financières et humaines, à la gestion des approvisionnements simples et complexes, à la mise en œuvre de partenariats institutionnels, à la gestion matérielle des équipements et des ressources logistiques."

Son travail d'écriture

"Le travail d’écriture, quant à lui, consiste à faire l’apprentissage de la persévérance. La persévérance parce qu’écrire est une aventure au long cours dont on ne perçoit pas toujours la fin, une aventure pour laquelle il est nécessaire de remettre inlassablement l’ouvrage sur le métier. La même phrase reprise à maintes et maintes reprises jusqu’à ce que l’agencement des mots révèlent le sens que l’auteur souhaite leur intimer. Cet apprentissage de persévérance, avec son potentiel de patience acquise m’est désormais d’une grande utilité dans mon quotidien de responsable administrative.

Le texte d’un auteur ne devient un livre que parce qu’il est le fruit d’une collaboration entre lui et une maison d’édition. Il s’agit ici d’une expérience fondatrice de travail collaboratif en ce qu’elle m’a permis de mesurer la force et l’efficacité de l’intelligence collective, celle qui en attribuant une place à la diversité des apports de chacun, ne peut qu’augmenter la réussite d’un projet. Un travail collaboratif où l’auteur apprend très rapidement à mettre son égo en berne, à considérer le livre non plus comme une œuvre personnelle, mais une oeuvre collective. Prendre pleinement conscience qu’une communauté de travail se nourrit de chacun de ses membres et chacun de ses membres se nourrit d’elle."

Son analyse

"Au tout début de cette aventure d’écriture, il était pour moi deux univers distincts aux frontières étanches : celui de mon activité professionnelle et celui de la création littéraire. Et puis, de manière inattendue, et très progressivement, j’ai réalisé que des passerelles cognitives se construisaient entre les deux univers. Ces deux activités s’enrichissaient et se nourrissaient mutuellement parce chacune d’entre elles nécessitaient de mobiliser des compétences acquises grâce à l’une ou à l’autre.

Les fonctions de responsable administratif consistent essentiellement à déployer des processus en construisant des blocs de cohérence (administratifs, financiers ou juridiques), pour les faire entrer en résonnance avec les missions de l’université. Ecrire un roman relève d’un schéma, qui sans être identique, comporte des similitudes convergentes : une intrigue, des personnages mus par leurs ressorts intimes, le tout mis en cohérence pour servir un propos, une ou plusieurs intentions. Vues sous cet angle, ces deux activités mobilisent des capacités d’analyse, de synthèse. Elles mobilisent également l’interrogation sous-jacente et constante de la pertinence de l’action, de son contenu, au regard de l’objectif fixé. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai réalisé, une fois le roman terminé, que les compétences acquises le long de mon expérience professionnelle avaient autorisée - en large partie - l’aboutissement de ce projet d’écriture.

Alors voici comment deux activités réputées disjointes peuvent avoir trouvé des points d’ancrages dans l’une et dans l’autre."

Extraits de "La voleuse de nuits", premier roman de Lydie N'Guessan

Petite quelqu’un a veillé sur toi dans cette maison, me dit l’homme, c’est grâce à lui que je t’ai épargnée, je savais que tu étais cachée quelque part. Il m’a dit que tu étais victime de ce système que nous venons de combattre. Il m’a raconté ta détresse au milieu de cette maison, comment tu as aidé cette révolution, comment grâce à toi il a posé des micros dans la chambre de cette putain. Les hommes sont si bavards sur l’oreiller. Tu me reconnais n’est-ce pas ?
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