Des fleurs pour augmenter l’efficacité de la lutte biologique

La lutte biologique par conservation consiste à manipuler la diversité végétale afin d'augmenter le nombre et l'efficacité des ennemis naturels des ravageurs de cultures. C’est sur l’étude de cette pratique que se penchent Juan Sorribas et Joan Van Baaren, de l’UMR Ecobio, à travers le projet européen FLORALWOOD.

Aphidius matricariae sur  fleur de sarrasin ©INRA, Bernard Chaubet
  1. Le contexte
  2. Objectif du projet Floralwood
  3. Carte d'identité

Le contexte

Les systèmes de production agricole doivent s'adapter de façon structurée et coordonnée aux changements climatiques. De plus en plus d'entreprises privées offrent des services de type "consulting" pour des agriculteurs ou des gestionnaires forestiers. L'objectif est de proposer des méthodes de contrôle des ravageurs employant moins de pesticides, tout en maintenant la productivité et la profitabilité des systèmes de production.

Cependant, ces pratiques, qui relèvent de la lutte biologique par conservation sont principalement empiriques. Il devient aujourd'hui nécessaire de les rationaliser par une meilleure compréhension des mécanismes écologiques sous-jacents, c'est-à-dire l'interaction entre la biodiversité fonctionnelle, le microclimat et la régulation des ravageurs.

Objectif du projet Floralwood

Dans ce contexte, le projet Floralwood vise à évaluer le service de régulation des ravageurs fourni par la diversité évolutive et fonctionnelle des plantes. C'est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui les changements climatiques augmentent les risques de pullulation des ravageurs en fréquence comme en intensité ceux-ci devant devenir plus fréquents et plus marqués.

Le projet vise à tester les deux hypothèses suivantes :

  1. une diversité floristique plus importante peut favoriser l'émergence de communautés plus riches à tous les niveaux trophiques. Dans le contexte de conditions climatiques engendrant plus de stress, ces communautés plus riches rendront un service écosystémique de suppression des ravageurs plus constant ;
  2. une diversité floristique supérieure peut être susceptible d'augmenter la résistance des ennemis naturels des ravageurs aux stress thermiques, en leur fournissant des ressources trophiques plus diverses au cours des saisons et dans l’espace. Dans un premier temps, il est nécessaire de déterminer les espèces végétales à assembler les plus efficaces pour les ennemis naturels. Les fleurs les plus utiles comme source de nourriture seront ensuite testées dans un dispositif sous serre en Espagne, dans un contexte de stress thermique chaud.

Ce projet fournira :

  • un référentiel sur les caractéristiques des plantes qu’il faut associer au sein des mélanges floraux pour favoriser les ennemis naturels des ravageurs dans les différentes cultures ;
  • des recommandations pratiques pour la mise en œuvre des méthodes de lutte biologique par conservation.

Carte d'identité

Projet européen FLORALWOOD – Programme HORIZON 2020 – Action Marie S. Curie

Etablissement : Université de Rennes 1

Bénéficiaire : Juan SORRIBAS

Nom du Responsable scientifique : Joan VAN BAAREN
Laboratoire / UMR : Ecosystèmes, Biodiversité, Evolution (ECOBIO) - UMR CNRS 6553
Durée du projet : Du 15/01/16 au 14/01/18 (2 ans)