Où en est la législation sur les nanoparticules ?

Dans un contexte scientifique incertain, la législation sur les nanoparticules tente de se mettre en place.

Nanoparticules de dioxyde de titane utilisées dans l'alimentation - Crédit : ISCR/F. Gauffre
  1. Fabienne Gauffre, experte des nanoparticules en environnement biologique
  2. Tribune

Fabienne Gauffre, experte des nanoparticules en environnement biologique

Au sein de l'Institut des sciences chimiques de Rennes, Fabienne Gauffre (chargée de recherche au CNRS) conduit ses travaux au sein de l'équipe "Ingénierie chimique et molécules pour le vivant". L'équipe ICMV explore trois axes :

  • l'élaboration de capteurs basés sur les nanoparticules et l'ADN ;
  • les interactions entre nanoparticules et protéines ;
  • les nanoparticules en environnement biologique, en vue d'étudier leur toxicité (collaboration avec des toxicologues).

Fabienne Gauffre fait partie d'un réseau de plus de 300 experts, réalisant une veille scientifique en continu dans le cadre de l'Observatoire des micro et nanotechnologies.

 

Tribune

Fabienne Gauffre a publié dans Le Monde du mercredi 9 septembre 2015 (supplément Sciences et Médecine) une tribune intitulée "Les nanoparticules, un défi pour les toxicologues" [accès partiellement payant].

En voici le résumé :

Les nanoparticules sont de plus en plus utilisées industriellement, avec des usages très variés (peintures, cosmétiques, enrobages de comprimés, renfort de caoutchouc, additif alimentaire…).

La France est le premier pays à avoir mis en place une déclaration obligatoire des nanomatériaux, en 2013. Cependant, à la différence d'une molécule "simple", la description d'une particule nécessite beaucoup d'autres paramètres (taille, structure cristalline, état d'agrégation…) que sa seule composition chimique.

Ainsi, les méthodes d'évaluation de la toxicité des substances chimiques conventionnelles ne sont pas directement transposables aux nanomatériaux. Physiciens, chimistes, métrologues et toxicologues travaillent conjointement à développer de nouveaux outils. D’un point de vue juridique, l’absence de nomenclature et de définition univoques ralentissent l'établissement d'un cadre.

En attendant, si l’étiquetage obligatoire a bien pris effet pour les cosmétiques, il tarde à se mettre en place sur les produits alimentaires bien qu’il soit prévu depuis 2011.