4è Journées de Métaéthique

Quelle est la signification des termes « bien » ou « mal » ? Peut-on ramener ces concepts théoriques d’éthique à des concepts physiques, palpables ?

"La torture, c'est mal" - mais comment définir ce mal ? - DR
  1. Retour aux sources (de l’éthique)
  2. Trois manières de décortiquer la morale
  3. Et la naturalisation de l’éthique ?

Le campus de Beaulieu accueillera les 4è Journées de Métaéthique du 11 au 13 mai 2015. Organisé par l’équipe de recherche « Philosophie des normes » de Rennes 1, ce colloque rassemblera les spécialistes francophones autour de la naturalisation de l’éthique.

Retour aux sources (de l’éthique)

La métaéthique est une part de la philosophie qui étudie les fondements de l’éthique : elle s’intéresse à la signification même de concepts comme le bien, le mal, la justice, ou à la manière dont l'Homme justifie de ses jugements moraux.
Elle diffère de l’éthique dite normative, qui décrit les normes permettant de juger actions et personnes selon des règles de « justice » et de « bien », et de l’éthique appliquée, qui applique ces normes à un domaine : que faut-il faire pour être juste et bon au travail, en soins, en biologie ?

Trois manières de décortiquer la morale

Une partie sémantique s’attache à étudier le sens précis des mots qui définissent un discours moral, afin de déterminer quel message est vraiment véhiculé, au-delà de la norme : que dit-on vraiment lorsque l’on dit « C’est mal » ?
Par l’épistémologie de l’éthique, elle interroge la justification des normes : Comment sait-on que quelque-chose est moralement interdit ? D’où vient cette connaissance ? D’une émotion ressentie, comme le dégoût face à la torture ou une injustice, ou d’une réflexion rationnelle ?
L’ontologie de l’éthique considère les propriétés que l’on attache aux concepts. Par exemple, qu’est-ce qui, exactement, est mal dans l’action de torturer ?

Et la naturalisation de l’éthique ?

La naturalisation de l’éthique est un courant de pensée philosophique qui cherche comprendre le discours, la connaissance et les interdits en termes naturels. Une option pour ce faire consiste à ramener ces concepts très abstraits de bien, de mal ou de justice à des concepts naturels, comme par exemple la souffrance, un phénomène physique pouvant être ressenti. Si la souffrance est désagréable, négative, un mal, et que la torture est composée de souffrance, alors la torture est un mal également.
Mais d’autres défenseurs de la naturalisation s’opposent à cette option :

  • les tenants du discours moral, pour qui l’éthique communique simplement les sentiments des personnes ou bien des ordres : dire que quelque chose est mal pourrait seulement être une manière de demander fermement à quelqu’un de stopper son action ;
  • les tenants du constructivisme, pour qui les concepts de bien ou de mal n’existent qu’au terme d’une négociation sur leur signification, et sont des vérités construites lorsque les participants se sont mis d’accord sur le terme.

Chaque année depuis 2011, les Journées de Métaéthique rassemblent chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants francophones spécialistes du domaine. Après Paris, Laval (Québec) et Louvain, le colloque s’installe sur le campus de Beaulieu de l’Université de Rennes 1 pour sa quatrième édition, et pose les questions : Tous les concepts moraux peuvent-ils être naturalisés ? Et quelle est la place de la morale dans un monde régi par les sciences naturelles ?