Le LabEx CAMI développe l’imagerie médicale de demain

Les Rennais impliqués dans ce Laboratoire d’Excellence mettent au point des logiciels d’imagerie médicale qui facilitent les gestes chirurgicaux et ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée.

Lotfi Senhadji (à g.) et Pascal Haigron (à dr.) - Photo Laurent Guizard
  1. Mieux délimiter et cibler les traitements
  2. Évaluer le bénéfice des technologies pour le patient
  3. TherA-Image, une plateforme pour des opérations assistées par l’imagerie médicale
  4. CAMI en bref

Pour faciliter et sécuriser l’acte médical, les chercheurs du Labex CAMI (Computer Assisted Medical Intervention) développent des outils logiciels et des dispositifs médicaux destinés aux milieux hospitaliers. Dans les six laboratoires impliqués à Brest, Grenoble, Montpellier, Paris, Rennes et Strasbourg, les recherches portent sur des robots améliorant la dextérité des chirurgiens, des systèmes d’imagerie médicale, des stratégies d’apprentissage… « CAMI associe, parmi les laboratoires qui s’intéressent à l’assistance aux interventions, ceux qui travaillent à la faisabilité et au transfert des résultats », souligne Lotfi Senhadji, membre du comité de direction du LabEx et directeur du Laboratoire de traitement du signal et de l’image (LTSI) dont l’Université de Rennes 1 partage la tutelle avec l’Inserm.

Mieux délimiter et cibler les traitements

À Rennes, parmi les thèses en cours au LTSI, l’une vise à identifier le site de stimulation cardiaque le plus approprié, par exemple, pour poser un pacemaker. Le logiciel développé augmente la perception du chirurgien en lui fournissant les images pré-opératoires (IRM, échographie) superposées aux images acquises durant l’opération. Ces outils pourraient permettre de mieux cartographier les sites de stimulation et d'optimiser la réponse à ce type de traitement par dispositif médical implantable.

Un autre volet des travaux rennais porte sur la déformation des organes. Lors d’une séance de radiothérapie pour traiter par exemple un cancer de la prostate, il est important de cibler avec précision la zone à traiter et d’épargner les organes voisins, comme la vessie. Mais celle-ci change souvent de forme ! Les chercheurs envisagent des solutions logicielles pour quantifier et modéliser ces déformations et identifier les doses de rayonnement déjà reçues par chaque zone de la vessie. À terme, cela permettrait d’adapter les séances à chaque zone, pour chaque patient.

Évaluer le bénéfice des technologies pour le patient

« Le LabEx est un levier pour approfondir les coopérations entre ses membres et avec d’autres laboratoires en France et à l’international », note Pascal Haigron, responsable de l’équipe IMPACT (Images et modèles pour la planification et l'assistance chirurgicale et thérapeutique) du LTSI et membre du comité de direction de CAMI. Tous ces laboratoires intègrent le souci de l’observation de la mise en pratique de leurs innovations, car les bénéfices pour le patient sont au cœur des questionnements. « Il faut un compromis entre l’efficacité et le temps passé à l’hôpital par le patient », précise Lotfi Senhadji. Enfin, les chercheurs soulignent l’importance de laisser au chirurgien la compétence des choix médicaux, même si les technologies développées sont des outils précieux dans l’aide à la décision.

TherA-Image, une plateforme pour des opérations assistées par l’imagerie médicale

Situé au CHU de Rennes, ce plateau de recherche médicale est l’un des fleurons du LabEx CAMI. TherA-Image est dotée d’un support de haute technologie d’imagerie. La salle permet la visualisation d’informations pendant une intervention : un guidage pour les opérations cardiovasculaires, un système de réalité augmentée et autres dispositifs d’imagerie. Portée par le LTSI (Université de Rennes 1, Inserm U1099) en étroite collaboration avec le CHU, TherA-Image est principalement dédiée aux interventions cardiovasculaires, mais elle est également conçue pour être polyvalente et évolutive.

TherA-Image

CAMI en bref

  • 60 chercheurs et enseignants-chercheurs dont 12 au LTSI, à Rennes
  • 5 doctorants financés par le LabEx à Rennes
  • 6 laboratoires partenaires au sein du LabEx, impliquant les universités de Grenoble, Montpellier 2, de Bretagne occidentale, Pierre et Marie Curie, Rennes 1, Strasbourg, le CNRS, l’Inserm et Télécom Bretagne.