Un laboratoire commun pour la chimie verte

L’Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR) et la société de chimie rennaise Demeta montent un partenariat inédit pour développer leur savoir-faire en catalyse organométallique.

De gauche à droite : Frédéric Caijo, Christophe Darcel, Patrick Piot et Vincent Escande

Depuis trente ans, l’équipe "Organométalliques, matériaux et catalyse" (OMC) étudie les procédés catalytiques propres et économes, l’un des piliers de la chimie durable et éco-responsable. Installée au Biopôle de Rennes Atalante Champeaux en 2017, la jeune entreprise Demeta développe, elle aussi, des catalyseurs nouvelle génération, performants et respectueux de l’environnement.

À partir du 1er janvier 2018, l’Université de Rennes 1, le CNRS et Demeta uniront leurs compétences dans un laboratoire commun (LabCom), scellé par la signature d’un contrat-cadre pour une durée de cinq ans. L’Agence nationale de la recherche (ANR) soutient le projet par une dotation de 300 000 € sur trois ans.

Implanté dans les locaux de l’ISCR, le LabCom "GreenCARE" mobilisera une équipe de dix chercheurs de l’université et de l’entreprise. Adossé au laboratoire, il aura accès aux plateaux techniques de l’université et aux instruments de la PME.

Le laboratoire commun focalisera ses recherches sur la catalyse organométallique pour l’oxydation à partir de métaux non nobles (fer, manganèse…). L’objectif est de mettre au point des procédés de catalyse alternatifs réputés moins toxiques, moins dangereux, plus économes en déchets et moins coûteux.

Le partenariat à visée industriel pourra faire l’objet de dépôts de brevets, suivis d’une exploitation commerciale sous licence auprès des entreprises de l’industrie chimique.

Deux questions à

Christophe Darcel, Institut des sciences chimiques de Rennes, directeur de "GreenCARE"

L’intérêt du LabCom ?

La valorisation de la recherche est la raison d’être d’une science expérimentale comme la chimie. Que l’industrie tire profit des résultats obtenus si les procédés sont efficaces, c’est un aboutissement.

Le label LabCom est aussi une source de financement complémentaire intéressante pour l’université. C’est l’opportunité de pouvoir lever des fonds. Il ouvre la possibilité de retombées scientifiques et financières grâces aux brevets et aux licences.

L’originalité du partenariat ?

Le LabCom formalise un partenariat public-privé durable avec des moyens humains et financiers conséquents. Ce n’est pas un contrat de recherche classique. L’entreprise ne délègue pas sa recherche à l’université. La recherche se fait dans un véritable esprit de co-construction avec le détachement d’un chercheur Demeta dans les locaux de l’université.

Christophe Darcel