En amphi, merci de garder votre smartphone allumé

Quiz, classe inversée, réseaux sociaux, boîtiers électroniques… Le développement du numérique et de ses usages permet de réinventer le cours magistral. Objectifs : interactivité et proximité. Témoignages d’enseignants de l’Université de Rennes 1

Usage de twitter en amphi
  1. Quand l'oiseau bleu se pose en amphi
  2. Des quiz pour évaluer et échanger
  3. Solution made in Rennes

Quand l'oiseau bleu se pose en amphi

Professeur de droit constitutionnel et de droit international depuis septembre 2014 à la faculté de droit et de science politique, Thibaut Fleury-Graff invite à chaque rentrée ses étudiants à se référer à son fil Twitter (@fleurygraff).
Il y publie des liens vers les articles et ressources en lien avec ses enseignements. « Au départ, c’était une façon de permettre à mes étudiants d’avoir accès rapidement aux arrêts ou à la doctrine cités en cours ».
Parfois, l’enseignant doit prendre 10 minutes pour initier les uns à un « outil incontournable pour la veille », ou bien rassurer les autres car “ non, suivre son prof sur Twitter n’équivaut pas à être ami avec lui sur Facebook. Et puis, ils peuvent s’inscrire sous un pseudo, ou créer un 2e compte ».
Mais force est de constater que cette pratique séduit : « À force de les renvoyer à mon fil Twitter pour avoir accès aux références citées, beaucoup d’étudiants se sont abonnés, surtout en 1re année. Et ils ont eux-mêmes développé un 2nd usage : me poser des questions pendant le cours ».

Thibaut Fleury-Graff

Enseignant également en L3 et en Master _Thibaut Fleury-Graff est responsable du M2 politiques européennes, il exploite la dimension conversationnelle de Twitter principalement avec les étudiants de L1 : « J’ai face à moi des amphis de 250 à 300 étudiants ; tout le monde n’ose pas prendre la parole, ni même venir interroger le prof à la pause. Twitter désinhibe : poser sa question est plus facile, on y met aussi moins les formes », à la manière des échanges en 140 caractères emblématiques du réseau social. Le professeur reçoit ainsi 5 à 6 questions par cours. « Je sélectionne les questions pendant la pause et répond à celles qui sont d’intérêt général ».
L’outil initialement utilisé pour partager sa veille en s’adaptant aux usages des étudiants a aussi satisfait son souhait de « désacraliser le cours magistral ». « L’interactivité est compliquée face à un effectif aussi nombreux. Twitter permet d’établir un lien entre l’amphi et le prof ».

Philippe Yvart, étudiant en droit, suivait l’an passé son cours d’introduction aux institutions administratives : « On quitte le lycée où l’on est proche des enseignants pour arriver à la fac, en amphi, où l’on n’a pas le même contact. Alors, quand à la rentrée, le prof nous a proposé de le suivre sur Twitter, ça nous a étonnés. C’est rare de voir un prof utiliser les réseaux sociaux, surtout de cette manière » regrette-t-il. « Ça permet de rapprocher le prof des étudiants et d’interagir plus facilement. M. Fleury-Graff répondait pendant le cours aux questions postées, ouvrant parfois un débat en amphi et les échanges pouvaient alors continuer sur Twitter ».

Des quiz pour évaluer et échanger

Même volonté de développer une pédagogie interactive pour Olivier Wong, enseignant en productique à l’IUT de Rennes, qui propose régulièrement des quiz à ses étudiants. Adepte des solutions VotAR ou Plickers en amphi, cette année il a expérimenté Kahoot, une solution web qui permet de générer des QCM interactifs. Les élèves y accèdent en direct et répondent en simultané aux questions posées, à la manière d’un boîtier de vote.
L’objectif d’Olivier Wong “ faire une petite synthèse sous une forme ludique pour rompre la monotonie ”. Son cours de management en licence professionnelle d’animateur qualité s’étale sur la journée avec la trentaine de stagiaires en formation continue.
Point d’étape ou bilan en fin de séquence, ces quiz lui permettent de vérifier l’assimilation des notions et d’évaluer son enseignement (il glisse quelques questions sur le contenu et le déroulé du cours).
Mais avant tout, il appréhende Kahoot comme “ un outil d’animation en présentiel, une façon de participer tous ensemble à une activité, de susciter des échanges ”.

Votar, la pédagogie interactive

Solution made in Rennes

A la faculté des sciences économiques notamment, plusieurs enseignants ont opté pour Klaxoon, un outil d'animation également plébiscité par la fondation Rennes 1.
Solution interactive pour l'animation de conférences ou de cours, elle permet aux enseignants / conférenciers de créer en toute autonomie leurs contenus interactifs (quiz, sondage, challenge, brainstorm, messages instantanés…) et aux élèves / participants de réagir en temps réel via leur smartphone, leur tablette ou leur ordinateur.
Une start-up, filiale du groupe Regards, créée à Rennes il y a deux ans, par Matthieu Beucher, ancien étudiant de Rennes 1 et diplômé de l'Enssat.

Innovations pédagogiques
L’Université de Rennes 1 a inscrit dans sa stratégie le développement du soutien aux initiatives enseignantes dans le domaine de la pédagogie universitaire.
Service d’appui à l’enseignement, le Suptice accompagne les enseignants dans leur pratique pédagogique.
Classe inversée, usage des outils numériques en enseignement... Découvrez d’autres témoignages sur le site du Suptice.