La connaissance de la protéine dystrophine, c'est son combat !

A l'heure du bilan du Téléthon, Jean-François Hubert et son équipe poursuivent leurs recherches sur les myopathies de Duchenne.

Jean-François Hubert, professeur de biochimie à l'IGDR
  1. Qui êtes-vous et sur quoi travaillez-vous ?
  2. Quel rapport entre la dystrophine et le Téléthon ?
  3. Depuis quand le Téléthon finance vos recherches ?
  4. Quelles sont les avancées de vos travaux ?

Qui êtes-vous et sur quoi travaillez-vous ?

Professeur de biochimie à l'Université de Rennes 1, mes spécialisations en recherche sont la biochimie structurale et les protéines membranaires.

Je suis responsable de l'équipe Structures et Interactions Moléculaires (SIM) au sein de l'Institut de Génétique & Développement de Rennes (IGDR).

Notre projet de recherche vise d’une manière générale à la meilleure compréhension des bases moléculaires de la résistance des membranes des cellules musculaires aux stress mécaniques. La dystrophine et ses partenaires, en conditions normales ou pathologiques BMD et DMD, sont les cibles principales de nos travaux de recherche.

Quel rapport entre la dystrophine et le Téléthon ?

Les objectifs du Téléthon sont entre autres de financer des recherches fondamentales et cliniques dont le but ultime est de soigner les maladies rares d'origine génétique. Les myopathies de Duchenne sont la conséquence de mutations dans le gène de la dystrophine. L'AFM est née de la volonté et l'énergie de personnes sensibilisées à l'époque au manque total de moyens thérapeutiques notamment du fait de la méconnaissance des causes de la maladie. La dystrophine est une protéine vitale au fonctionnement et au maintien de l'intégrité des cellules musculaires. Les moyens du Téléthon ont permis, depuis plusieurs années, des avancées considérables dans la connaissance du gène de la dystrophine, l'un des plus complexes de notre patrimoine génétique. Depuis peu, la compréhension des conséquences des très nombreuses mutations observées dans le cas des myopathies a significativement avancé, en parallèle de premiers essais cliniques dont les résultats sont pour certains encourageants, bien que toujours malheureusement en deçà des attentes des jeunes patients et de leurs familles. L'un des points de blocage reste la méconnaissance de la protéine, du fait de sa très grande taille et de sa résistance aux moyens d'investigation classiques en biochimie structurale.

Depuis quand le Téléthon finance vos recherches ?

J'ai rejoint l'équipe SIM en 2006 ; la thématique des relations structures-fonction de la dystrophine en lien avec les myopathies et la recherche de thérapies était déjà portée par le Dr. Elisabeth Le Rumeur. Les travaux étaient déjà ponctuellement financés par l'AFM-Téléthon. Depuis, nous réalisons régulièrement des dossiers de demande de financement par l'AFM pour nos projets, avec par exemple actuellement, une bourse de thèse de doctorat pour un étudiant, un salaires d'ingénieur pour deux ans et un budget de fonctionnement de 30 000 euros pour nos expériences.

Quelles sont les avancées de vos travaux ?

L'enjeu est de vaincre une maladie génétique qui peut trouver sa cause dans de très nombreuses mutations. Les équipes de cliniciens en recherche de moyens d'action thérapeutiques se sont appuyés ou s'appuient encore pour l'essentiel sur des données de génétique, car le gène reste la cible. Cependant, le produit du gène, qu'il soit sain, muté ou réparé, est une protéine dont on a souvent insuffisamment pris en compte les propriétés physicochimiques. Une protéine résultant de la modification d'un gène, ce qui est en soi déjà un défi technologique, doit être au moins en partie fonctionnelle dans les cellules musculaires du patient traité. Nos travaux visent à comprendre les relations entre la structure et la fonction d'une dystrophine native ou modifiée. Nous pouvons aujourd'hui, en compilant des données expérimentales et théoriques, prévoir le comportement cellulaire de produits de thérapie génique, et ainsi apporter une aide déterminante à la décision pour les cliniciens dans la conception des protocoles ou de nouveaux médicaments.

En résumé, notre apport significatif réside dans la connaissance de la structure et du comportement de la protéine dystrophine.

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