Des ateliers d'astronomie pour encourager lycéens et collégiens à poursuivre à l'Université

Le projet "Graines de Chercheurs" s'est étendu sur 4 années, de 2015 à l'été 2018. Inscrit dans le dispositif national des "Cordées de la réussite", il a vu des étudiants de l’Université de Rennes 1 proposer des ateliers d'astronomie à des lycéens et collégiens. Objectif : éveiller le goût des sciences chez ces derniers, et les encourager à poursuivre leurs études.

Des étudiants du projet "Graines de chercheurs". De g. à dr. R. Kahlal, C. Eliat, C. Duval, E. Boulaire, G. Lefay
  1. Oser les études supérieures
  2. Un projet en 4 ans
  3. Ouvrir la discussion
  4. Pousser les portes des laboratoires
  5. Des compétences pour les étudiants
  6. Étudiants, à vous de jouer !

Pousser la porte de l’université, envisager des études supérieures… des projets évidents pour certains jeunes, moins pour d’autres. Pour les encourager, l’Université de Rennes 1 participe aux « Cordées de la réussite ». Ce dispositif national vise à créer du lien entre les établissements d’enseignement supérieur d'une part, et de l'autre les collèges ou lycées accueillant une proportion importante de jeunes issus de milieux modestes, ou de quartiers dits prioritaires.

Oser les études supérieures

L’une de ces cordées rennaises, baptisée « Graines de chercheurs » a rassemblé des étudiants inscrits en licence de physique ou à l’École supérieure d'ingénieurs de Rennes. Ils ont partagé leur passion pour les sciences avec une vingtaine d’élèves du collège de la Binquenais et du lycée Descartes de Rennes.

À l’origine de ce projet on trouve une rencontre entre Cécile Lecomte (vice-présidente orientation et insertion professionnelle à l’Université de Rennes 1) avec la principale du collège de la Binquenais : cette dernière constatait que certains élèves s’autocensuraient, n’osant pas envisager de poursuivre leurs études.

Un projet en 4 ans

Pour la cordée « Graines de chercheurs », des étudiants  en licence de physique-chimie-géosciences accompagnés d’un doctorant en astrophysique de laboratoire de l’IPR, avaient lancé dès 2014 des ateliers en astronomie, plus particulièrement autour des exoplanètes.

En septembre 2016, un nouveau groupe de cinq étudiants a pris le relais pour les ateliers et pour envisager la construction d’un télescope au socle motorisé et connecté. Ils ont été rejoints par un sixième étudiant, Pierre Fréquelin, spécialisé en mécanique, qui se focalise sur la construction de ce socle, dont le moteur permet de suivre une étoile en compensant la rotation de la terre durant l’observation.

Comprendre le fonctionnement d'un socle de télescope - En complément de l’astronomie, un atelier sur la mécanique.

Ces étudiants sont accompagnés par l’Université de Rennes 1 sur les aspects administratifs et logistiques, ainsi que par Sébastien Le Picard, enseignant-chercheur à l’Institut de Physique de Rennes, pour répondre aux questions scientifiques liées à la préparation des ateliers.
 

Ouvrir la discussion

Durant ces quatre années, les ateliers ont rencontré du succès auprès des collégiens et lycéens.

Collégiennes, Océane et Imane ont rejoint la cordée pour l’année 2017-2018. Elles témoignent : « Les étudiants sont gentils, compréhensifs ». « Parfois nos professeurs emploient des mots trop difficiles », poursuit Bennie.

Les collégiens ont pu eux-mêmes constater leurs progrès. « En cours de physique, il y en a qui ne comprennent pas bien, alors on peut leur expliquer », raconte Élise.
« J’aimais les mathématiques mais moins les autres sciences ; j’avais du mal en physique-chimie. Ça m’a aidé », complète Bennie.

En effet, les étudiants ont proposé les sujets des ateliers en fonction des envies des collégiens et lycéens, sur l’astronomie, l’astrophysique, les missions spatiales. 

« Avec nous ils n’ont pas peur de poser des questions, même si c’est farfelu », explique Corentin Duval, l’un des étudiants impliqués.
« Cela permet aussi de discuter d’orientation avec les élèves ; ils n’ont pas avec nous la même relation qu’avec leurs enseignants », ajoute Clément Eliat.

Le tube du télescope - C'est lui qui sera équipé du socle construit dans le cadre du projet.

Pousser les portes des laboratoires

La cordée « Graines de chercheurs » prend fin début juillet 2018 avec le test du téléscope, à l’occasion d’une sortie d’observation nocturne. Tout au long du projet, les ateliers ont été accompagnés de nombreuses sorties, appréciées des élèves ainsi incités à sortir de leur quartier. Ils se sont par exemple rendus au planétarium de l’Espace des sciences de Rennes et au pôle numérique Rennes Beaulieu pour découvrir les machines qui sont utilisées pour la création du télescope.

En mai 2017, un déplacement plus important a été organisé : élèves et étudiants ont pu rendre visite aux chercheurs du Centre national d’études spatiales (Cnes), à Paris, pour présenter leurs travaux et échanger avec le directeur du programme d’exobiologie, Michel Viso, ainsi qu’avec des chercheurs et responsables de missions spatiales. Une visite qui a marqué les esprits des étudiants :
 « On nous a suggéré de présenter le poster expliquant notre démarche dans un congrès scientifique. On va essayer de le faire ! », s’enthousiasme Rachid Kahlal. [Ce poster est maintenant disponible au téléchargement].
 

Des compétences pour les étudiants

Par bien d’autres aspects, cette cordée a été une expérience enrichissante pour les étudiants :
« Faire de l’enseignement, c’est constructif pour nous, même si mon objectif n’est pas de devenir enseignante. J’ai aussi découvert comment mener un projet », note Eva Boulaire.
« Cela a conforté mon choix de continuer dans la recherche », commente Gaultier Lefay.

Étudiants, à vous de jouer !

Cette cordée prend fin ; les étudiants qui seraient intéressés peuvent encore prendre part aux 3 autres cordées dans lesquelles l’Université de Rennes 1 est impliquée : l’une à l’IUT de St-Malo, une autre en soutien scolaire au collège de la Binquenais, avec des étudiants qui se préparent aux métiers de l’enseignement, une troisième, appelée Fac’ilitateur, qui crée du lien avec 8 lycées de l’Ille-et-Vilaine et des Côtes-d’Armor.

Article réalisé avec la contribution d'Alice Vettoretti (Plume & Sciences)