LabCom OncoTrial : la recherche rennaise s'allie contre le cancer

Lancé le 4 juin 2015, le laboratoire commun OncoTrial développe de nouveaux modèles d'étude pour la recherche fondamentale, tout en facilitant le passage de molécules thérapeutiques en phase d'essai clinique. Il regroupe des chercheurs de Rennes 1, de l'Inserm, du CNRS et du groupe Biotrial.

LabCom OncoTrial : la recherche rennaise s'allie contre le cancer
  1. Nouveaux modèles, nouvelles molécules
  2. Le LabCom OncoTrial
  3. Bénéfices attendus
  4. Les protagonistes

Nouveaux modèles, nouvelles molécules

Pour conduire une recherche efficace contre le cancer, il faut pouvoir étudier le développement d'une tumeur dans les conditions les plus proches de celles qu'on observe chez les patients. Il faut aussi affiner au plus juste les molécules anticancéreuses expérimentales, pour optimiser leurs chances de réussite avant même la première phase d'essai clinique sur les malades.

Les progrès de la recherche et des traitements contre le cancer sont ainsi conditionnés par le développement de nouveaux supports, ou modèles : cultures cellulaires, tissulaires (il est très difficile de garder en vie un tissu cancéreux une fois extrait de l'organisme) et, quand aucun autre recours n'est possible, modèle animal. À Rennes, celui-ci est développé par exemple pour mieux comprendre la robustesse du glioblastome, ou cancer du cerveau, qu'on ne sait pas guérir aujourd'hui. À terme, la découverte de modèles cellulaires et tissulaires performants doit constituer l'une des alternatives aux essais in vivo.

Nouveaux modèles, nouvelles molécules

 

Le LabCom OncoTrial

Le développement de ces modèles est donc crucial pour faire progresser la recherche fondamentale, et évaluer au plus tôt l'efficacité des molécules anticancéreuses issues de la recherche industrielle.

C'est tout l'objet du laboratoire commun OncoTrial, inauguré le 4 juin 2015, qui allie les chercheurs rennais regroupés dans l'unité mixte Biosit (Rennes 1/CNRS/Inserm) au groupe Biotrial, spécialiste des essais cliniques. Le projet a en effet convaincu les évaluateurs de l'Agence nationale de la recherche, qui a alloué 300 000 euros au LabCom sur 3 ans. Cette labellisation vient reconnaître un rapprochement antérieur des deux entités via un accord-cadre favorisé par la Fondation Rennes 1 et accompagné par la SATT Ouest Valorisation.

À travers le LabCom OncoTrial, chercheurs académiques et privés collaboreront sur les plateformes de Biosit, qui regroupent des capacités de pointe (histologie, microscopie confocale, imagerie IRM, irradiation, criblage de molécules...) permettant le développement de modèles innovants. OncoTrial bénéficiera de l'expertise des chercheurs rennais dans différentes formes de pathologies : cancer du cerveau, lymphome, mélanome, cancer du sein triple négatif, du poumon, du foie ou encore du rein. À l'issue du projet, des emplois pourront être créés par le groupe Biotrial : celui-ci s'appuie sur les innovations du LabCom pour créer un laboratoire pré-clinique, destiné à accompagner la mise au point de molécules anticancéreuses avant essai thérapeutique.

La gouvernance du LabCom est constituée d'un comité de direction de quatre personnes (Thierry Guillaudeux, directeur de Biosit et Christelle Chapron, secrétaire générale ; François Peaucelle, directeur général à Biotrial et Arnaud Le Goff, chercheur).

Bénéfices attendus

Le LabCom s'inscrit dans une démarche de recherche translationnelle : l'objectif est d'accélérer le transfert de l'innovation thérapeutique, de la paillasse du laboratoire au lit du patient hospitalisé. Par ailleurs, OncoTrial place en synergie les forces de recherche rennaises en oncologie et propose de nouvelles modalités de collaboration, dans la lignée de la fédération de recherche hospitalo-universitaire rennaise spécialisée dans la lutte contre le cancer. À la clé : une accélération des progrès de la recherche fondamentale pour les académiques et un avantage concurrentiel conséquent pour Biotrial qui apporte un soutien financier hors financement ANR.

Les protagonistes

Biosit est une structure fédérative de recherche en biologie santé placée sous les tutelles de l'université de Rennes 1, de l'Inserm et du CNRS. L'ensemble de ces structures compte près de 750 personnes réparties en 12 unités de recherche et 14 plateformes, pour la plupart labellisées par les groupements d'intérêt scientifique "IBISA" et "Biogenouest".

Biotrial est un groupe de 250 personnes, fondé et dirigé par Jean-Marc Gandon, spécialisé dans la recherche clinique et préclinique en cancérologie notamment. Au travers de contrats de recherche, le groupe évalue les molécules médicamenteuses mises au point dans les laboratoires de l'industrie pharmaceutique.