Le verre s'expose au Diapason

Du 6 avril au 9 juin, l'exposition pose un regard inédit sur le verre comme matériau pour la science et pour l’expression artistique.

Le verre, objet de science et d’art - 940x350
  1. Verre et lumière
  2. Hermétiquement clos
  3. Dur comme verre
  4. Couper du verre avec de l’eau
  5. Modeler le verre

Une exposition conçue et réalisée par les étudiant.e.s du Master 2 MAGEMI (Université Rennes 2), sous la direction de Nathalie Boulouch et Louis André, maîtres de conférences, avec l’appui de Michaël Liborio, muséographe indépendant.
Du 6 avril au 9 juin 2017, du lundi au vendredi, de 9h à 20h. Entrée libre. Vernissage jeudi 6 avril à 18h au Diapason.

Visites guidées gratuites sur réservation pour les groupes et publics scolaires, à partir de la 4ème (dossier d’accompagnement pour les enseignants disponible sur demande auprès du service culturel)
Réservation : Aurélien Ancelin Binet / Marie-Aude Lefeuvre

À travers une sélection de plus de 70 œuvres d’art et objets de verrerie, issus notamment des collections d'instruments scientifiques de l'Université de Rennes 1, l’exposition est à la fois pluridisciplinaire et transversale.

Pluridisciplinaire, elle explore autant les versants scientifiques et artistiques du matériau. Fruit d’une collaboration avec des laboratoires de recherche et des artistes plasticiens, elle met en lumière les travaux des chercheurs de l’équipe Verres et céramiques de l’Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR) et du département Mécanique et verres de l’Institut de Physique de Rennes (IPR), deux unités communes, entre autres, à Rennes 1 et au CNRS. Grâce à des manipulations et dà es vidéos, le visiteur peut découvrir des expériences scientifiques réalisées dans ces laboratoires.
En parallèle, sept artistes ont été invités à participer à l’exposition, certains collaborant déjà avec les chercheurs, tous entretenant un rapport particulier avec la science et le verre.

Transversale, l'exposition présente le verre à partir de ses multiples qualités et propriétés et brise quelques idées reçues du public sur le verre, un élément bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Verre et lumière

Une première partie de l’exposition traite de la transparence du verre, pas forcément celle que l’on perçoit à l’œil nu, et de son utilisation en optique (lentilles, instruments optiques, prismes, infra-rouge, etc.).
S’il existe des verres naturels, ce matériau est aujourd’hui essentiellement une matière fabriquée. « L’équipe Verre et céramiques est un laboratoire de chimie des matériaux, explique Catherine Broussard, ingénieure de recherche à l’ISCR. Nous y développons de nouvelles compositions, notamment des biomatériaux, des fibres optiques et des verres de chalcogénure » (des verres opaques, parfois d'apect métallique, mais qui deviennent transparents dans l’infra-rouge).
Les travaux de l'équipe Verre et cérémique ont débouché sur de nombreux brevets et plusieurs transferts d’activité : fabrication d’optique pour caméra infra-rouge, spectroscopie infra-rouge comme alternative à la biopsie, conception de capteurs optiques.

 

Polyprisme de Ducretet  - © Magemi

Hermétiquement clos

Certaines pièces de verrerie scientifique peuvent être communes à la chimie et à la physique. En chimie, le verre étant neutre et invariable, il n’interagit pas avec ce qu’il contient et permet de manipuler les liquides et les gaz.
En physique, grâce à son caractère non conducteur, c’est un matériau privilégié pour les expériences en électrostatique et en électromagnétisme.
Deux souffleuses et un souflleur en verrerie scientifique exercent sur le campus de Beaulieu : Lucie Pitois à l'UFR Sciences et propriétés de la matière, Cécile Valter-Pottier et Thierry Pain à l'ISCR, un métier méconnu également mis en valeur dans cette exposition.

 

2 souffleuses et un souffleur de verre scientifique sur le campus de Beaulieu

Dur comme verre

Le verre, considéré comme fragile, ne l’est pas forcément. « Tandis qu’à l’ISCR, ils fabriquent du verre, à l’IPR, nous le brisons, s’amuse à schématiser Yann Gueguen, maître de conférences et membre du département Mécanique et verres : nous cherchons à comprendre et expliquer le comportement mécaniques du verre : pourquoi et comment un verre se fissure-t-il ? »
Au vu des nombreuses applications du verre dans notre quotidien (des pare-brises aux structures architecturales, en passant par la fibre ou les écrans de nos téléphones), une meilleure maîtrise de ces événements est cruciale. Expérimentations, imagerie, modélisation visent donc à mesurer la résitance et à renforcer les compétences d'un matériau à la structure chimique particulièrement complexe et désordonnée.

Couper du verre avec de l’eau

L’Université de Rennes 1 est l’une des rares universités françaises à posséder une machine à découpe au jet d’eau. Cette technologie permet des découpes fines ou épaisses, notamment sur le verre.
Majoritairement utilisée par les scientifiques, cette technique peut aussi mise à diposition d'artistes, comme la sculptrice et designer Thomasine Giesecke qui présente son travail au Diapason.

 

Canon de la machine à découper au jet d'eau  - © ©Fabienne Blanchet // Trilogy (Thomasine Giesecke 2007) ©Nicolas Kowalski

Modeler le verre

Car, si le verre fait l’objet de nombreuses recherches, le matériau se situe aussi au cœur du processus créatif chez plusieurs artistes actuels qui s’emparent des savoirs tant scientifiques que techniques pour développer leur approche et leur travail sur ce matériau, à l’image de Guillaume Gouerou, également exposé au Diapason.
Son travail se concentre sur les interactions micro-onde/matière, procédé grâce auquel il donne naissance à ses Fulgurites, des pierres crées à l'aide d'un micro-onde géant qu'il a lui-même construit. Depuis juillet dernier, l’artiste plasticien travaille avec Ludovic Paquin, maître de conférences et chercheur à l’ISCR au sein du groupe Ingénierie chimique et molécule pour le vivant. « Sa démarche basée sur l’expérimentation m’a intéressé, je lui ai proposé de nouveaux outils pour mettre en avant ses créations, comme la découpe au jet d’eau ou l’observation au microscope. Guillaume Gouerou a ainsi pu réaliser l'an dernier une série de 13 photographies de ses Fulgurites à l'aide d'un microscope électronique à fluorescence. Pour l’enseignant-chercheur habitué à travailler avec des artistes, « cette collaboration est extrêmement enrichissante pour les deux partenaires car si le labo apporte au travail de l’artiste, Guillaume, par sa démarche et ses interrogations, apporte aussi au labo : ses explorations sont aussi une source de questionnement scientifique pour nous ».

Le visiteur pourra également découvrir des œuvres de l’artiste plasticienne Cat Fenwick mais aussi celles d’Anouk Chardot, de Denis Macrez, de Steven Akoun et de Sarah Montreuil, quatre étudiants de l’EESAB de Rennes.

Fulgurites, 2014 // Affaissement, 2011 // Mousse de verre, 2017  - © © Guillaume Gouerou, © Cat Fenwick, ©Magemi