Apofas Biotech : de la protéine au médicament

L’entreprise pharmaceutique, issue d’une unité de recherche Université de Rennes 1/ Inserm, prépare les tests cliniques d’une molécule prometteuse pour traiter les patients souffrant d’un lupus ou d’un cancer du sein agressif.

Apofas Biotech, une entreprise issue d'une unité de recherche de l'Université Rennes 1

À deux pas du CHU Pontchaillou, le laboratoire Chimie, Oncogenèse, Stress et Signalisation (COSS) occupe un long couloir de salles blanches dans un bâtiment du centre de lutte contre le cancer Eugène Marquis.

Quarante chercheurs - biologistes, médecins, chimistes - y décryptent le fonctionnement des cellules cancéreuses. Une équipe s’intéresse en particulier à un couple de protéines (Fas / Fas ligand) qui joue un rôle actif dans la progression de certaines maladies, en particulier le lupus et le cancer du sein de type « triple négatif ».

 
Patrick Legembre codirecteur du laboratoire COSS et confondateur d'Apofas Biotech - © F. Obe

Vingt ans de recherche fondamentale ont donné naissance à une molécule thérapeutique, déjà protégée avec ses applications par sept brevets. Un résultat qui permettrait d’imaginer un traitement ciblé performant, couplé à la chimiothérapie pour le cancer du sein.

En février 2017, le laboratoire COSS a créé une start-up Apofas Biotech, pour passer à la vitesse supérieure. Sa vocation ? Amener la molécule jusqu’à la phase 2 clinique, soit la phase pendant laquelle les essais sont réalisés sur des patients afin de tester l'efficacité du produit et de déterminer la posologie adéquate.

Du public au privé

« Mon statut de fonctionnaire m’interdisait de diriger une entreprise privée en parallèle de mes activités de recherche. Il m’a fallu deux ans pour trouver un gérant avec les compétences requises en biologie et en pharmacologie. Ce problème réglementaire est un frein au développement des projets innovants. La santé est déjà un secteur déjà très concurrentiel où la rentabilité des projets à moyen terme est aléatoire. Il reste heureusement l’originalité scientifique pour convaincre les investisseurs ».
Patrick Legembre co-directeur du laboratoire COSS Inserm/Université Rennes 1 et confondateur d'Apofas Biotech.

Un groupe de chercheurs du laboratoire COSS s'intéresse à un couple particulier de protéines  - © F. Obe

Partenaires et associés ont déjà investi 80 000 € de fonds propres pour porter la société sur les fonts baptismaux. Le financement des protocoles de tests exige de lever 9 M€ de fonds supplémentaires. L’entreprise a noué des contacts avec des sociétés de capital risque pour prendre son envol. Apofas Biotech espère pouvoir débuter les essais sur des patients en 2020.

L’université en renfort

« Notre spin-off est officiellement hébergée sur le campus de Villejean dans le bâtiment de l’UMS BIOSIT qui regroupe les principaux acteurs de la recherche en biologie et santé. Des personnels de l’université de Rennes 1 - professeur, praticien hospitalier, maître de conférence, technicien - travaillent avec nous au laboratoire COSS ».
Patrick Legembre co-directeur du laboratoire COSS Inserm/Université Rennes 1 et confondateur d'Apofas Biotech.