Sanden : l’industrie tend la main aux laboratoires

Depuis 2 ans, l'entreprise japonaise collabore avec nos chercheurs sur un programme de recherche industrielle appliquée aux compresseurs de climatisation.

De gauche à droite : Arnaud Menon (Sanden), Antoine Brient (IPR), Fulgence Razafimahery (Irmar) et Manuel Buisson (IPR)
  1. En mode consortium
  2. Des résultats prometteurs
  3. TÉMOIGNAGE

Le groupe nippon Sanden, spécialiste des systèmes thermiques, est implanté en Ille-et-Vilaine depuis vingt ans. Les 800 salariés de l’usine de Tinténiac produisent - entre autres - des compresseurs de climatisation pour l’industrie automobile.

L’activité est exigeante. « Elle est source de problèmes techniques aussi nombreux que complexes, confirme Olivier Derollepot, responsable d’études chez Sanden. Notre centre d’essais est outillé pour améliorer l’existant. Pas pour faire de la recherche pure ».

En mode consortium

L’horizon de Sanden s’est éclairci grâce la Fondation Rennes 1 « Progresser, Innover, Entreprendre » dont l’entreprise est membre depuis 2012. « La Fondation Rennes 1 nous a ouvert les yeux sur les compétences du campus de Beaulieu et la possibilité de financements d’un projet collaboratif innovant ».

C’est ainsi que Sanden, l’Institut de recherche mathématique (IRMAR) et l’Institut de physique de Rennes (IPR) se sont associés pour monter un consortium de recherche public-privé baptisé SINUCO - pour « simulation numérique des compresseurs ». L’agence économique BDI et de la Région Bretagne ont encouragé l’initiative.

Antoine Brient (IPR)

Des résultats prometteurs

Le consortium a identifié trois domaines d’études, également sujets à problèmes sur les lignes de production de l’entreprise : l’étanchéité, l’acoustique et les frottements.

Cinq enseignants-chercheurs volontaires de l’IRMAR et de l’IPR, bons connaisseurs des mathématiques appliquées, de la mécanique des fluides et du solide, ont relevé les manches, rejoints par des post-doctorants recrutés pour l’occasion.

Pendant plus de deux ans, les laboratoires de l’université et les ingénieurs de Sanden ont travaillé ensemble à mettre au point des modèles numériques. Les applications directes pour l’entreprise ont été complétées par plusieurs publications.

Un banc d’essais a été conçu et réalisé sur mesure pour analyser les mécanismes d’usure de l’embrayage des compresseurs. L’entreprise s’en est portée acquéreuse. Des résultats très concluants ont aussi été obtenus sur l’acoustique des valves, une épine dans le pied de la fabrication industrielle. « Le bilan est très positif ».

Conséquence ? Sanden recrutera l’an prochain pour trois ans un doctorant en thèse Cifre pour approfondir le sujet.

TÉMOIGNAGE

« L’industrie et l’université sont deux univers très différents. Où l’on n’interprète pas de la même façon les notions de planning, de reporting, de performance… Le monde économique a ses propres contraintes de productivité, de coûts et de calendrier. Mais on finit toujours par trouver un terrain d’entente.

J’ai beaucoup apprécié le contact humain avec les enseignants-chercheurs de Rennes 1. On a eu accès à des compétences variées dont on ne soupçonnait pas l’existence en local. Les résultats obtenus ne sont pas ceux imaginés au début. Mais ils sont tout aussi intéressants pour nous ».

Olivier Derollepot, responsable d’études amont, Sanden