Tout savoir sur la biologie de la mygale

par Marie Trabalon du laboratoire EthoS

Développement des jeunes mygales (Brachypelma albopilosum) et différences morphologiques et physiologiques chez la mygale adulte

Nouvellement arrivée à Rennes 1, Marie Trabalon, professeur au sein du laboratoire d'éthologie animale et humaine (EthoS) et Catherine Blais de l'université Pierre et Marie Curie (UPMC) ont publié un article sur les mygales dans le Journal of Experimental Zoology Part A: Ecological Genetics and Physiology.

La mygale Brachypelma albopilosum est originaire d’Amérique du sud. Elle fait partie des espèces protégées au niveau II par la Convention de Washington (CITES) suite à la disparition progressive de son biotope et du trafic lié aux prélèvements en milieu naturel par l’homme dans le cadre de l’élevage de nouveaux animaux de compagnie.

La biologie de cette araignée n’est pas connue. Dans le cadre de la sauvegarde des espèces en voie de disparition, le but de ce travail était d’étudier le développement et l’état physiologique de ces mygales élevées en captivité.

Des jeunes araignées ont été suivies de la naissance jusqu’à l’âge adulte. Les observations des chercheuses ont montré qu’en milieu contrôlé les mâles se développent plus vite que les femelles.

Ils deviennent adultes 4-5 ans après la naissance contre 5-6 ans pour les femelles. Les mâles effectuent en moyenne 9 mues juvéniles avant d’arriver à l’âge adulte. Les femelles sont soumises à 10-11 mues en moyenne. Le développement morphologique et physiologique des mygales est comparable entre les mâles et les femelles jusqu’au stade subadulte. Après la dernière mue juvénile, les mâles et les femelles présentent des différences morphologiques et biochimiques. Les mâles subadultes et adultes ont une taille et un poids inférieurs aux femelles. Par ailleurs, ils présentent des taux de lipides, cholestérol, glucose et d’hormones ecdystéroïdes supérieurs à ceux des femelles.

Ces taux supérieurs s’expliquent chez les mâles adultes par une activité locomotrice et donc une dépense d’énergie beaucoup plus importante. Ils parcourent de grandes distances à la recherche des femelles, tandis que les femelles adultes sont sédentaires. Cette énergie provient de l’utilisation de leurs réserves en lipides, en glucose sous le contrôle des hormones (ecdystéroïdes).

Juvenile development, ecdysteroids and hemolymph level of metabolites in the spider Brachypelma albopilosum (Theraphosidae). Marie Trabalon and Catherine Blais - Journal of Experimental Zoology Part A: Ecological Genetics and Physiology.

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